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15.11.08

Hommage à Alfred Shaheen




En matière textile de chemise hawaïenne, Alfred Shaheen a été un des artisans les plus doués ; il avait également contribué à magnifier la femme des îles du Pacifique dont les toilettes vintage sont encore très recherchées. Je vous invite à visiter le site (cliquer sur le titre de cette notule) qui rend hommage à son travail, à l'industrie textile qu'il a construite et à l'immense production qu'il a laissée (son influence sur la mode); dont les pièces se négocient par les collectionneurs sur ebay, parfois, à des prix mirobolants.








Les chemises bicolores à fleurs que vous voyez pendre par dizaines sur les portants des boutiques de plage sont le plus souvent de falotes imitations des véritables chemises hawaïennes ; chemises dont les premiers modèles s'ouvraient comme des polos, jusqu'au milieu de la poitrine, puisaient dans le kimono japonais leurs motifs floraux (parfois galonnés sur les manches ou en bas du vêtement) et leurs formes, notamment la manche évasée et coupée après le coude, qu'on peut voir ci-dessous sur cette photo de Martin Denny et de son combo.


Jusqu'aux années 60 elles sont imprimées, voire peintes à la main, sur des toiles de coton rugueux (barkcloth), sur de la soie (héritage du kimono) ; puis dans les années 70 et 80, elles prolifèrent sur des textiles synthétiques (rayonne, polyester) qui, s'ils restent relativement désagréables à porter, permettent une meilleure maîtrise des nuances chromatiques et des dégradés, d'où de très beaux motifs.

Les chemises masculines sont coupées selon un patron typique, avec col ouvert et d'une seule pièce,



elles portent une poche passepoilée (réduite à une fente, la poche flottant sous la chemise et non cousue au dessus comme aujourd'hui) :


et sont finies par des boutons de nacre, de métal ouvragé ou en bois de noix de coco :




Les plus classiques ont des motifs floraux multicolores, réalistes ou stylisés, aux tonalités très contrastées, resplendissantes d'anthuriums oranges, d'hibiscus rouges et de bougainvillées fuschia ; mais on y trouve aussi palmes et cocotiers, plages, scènes sous-marines et coquillages, imagerie de tiki totems, chemises inspirées de motifs asiatiques (dragons, échassiers...), fauvistes, ou africains à ouverture en v sans encolure de type Dakini. Dans les années 60/70, l'âge d'or de la chemise hawaïenne, l'inventivité des créateurs n'avait aucune limite : formes stylisées, psychédéliques, géométriques, hybridées avec les rituelles fleurs, dans une infinie variété d'imprimés et de motifs.

11.11.08

The Exotic Sounds of Rex Kona & His Mandarins - Wild Orchids



Wild Orchids est à ma connaissance le seul disque de l'énigmatique Rex Kona et de son combo à connotation chinoise : à mon avis un ersatz de studio produit par d'obscurs musiciens aux US, qui n'ont pas pu ou voulu laisser leur nom sur la pochette - mais qui connaissaient plutôt bien les instruments asiatiques. En vérité, pas mal d'exercices de style tropical de l'époque étaient des fake - ce que l'amateur d'exotica assume parfaitement d'ailleurs. Car qu'importe l'ivresse, pourvu qu'on ait le flacon ! Et de ce point de vue, Wild Orchids présente un des plus jolis flacons du courant exotica, avec ses flous suggestifs et les beaux yeux maquillés de cette eastern Eve (on aperçoit une épaule dénudée) ; beau travail sur toute la ligne visuelle. La ligne musicale est excellente, dans la veine des bonnes galettes du genre, façon Martin Denny et consorts.
4 titres en écoute : Will he like me ? - Bushi Busi - Peg O' my heart, Bird train, Wild Orchids, le reste à la demande.

Its overbaked Eastern elements and overall kitsch quotient notwithstanding, Wild Orchids is a notch above the average exotica artifact. Rex Kona & His Mandarins embrace a globe-spanning breadth of influences, textures and rhythms beyond the obvious Japanese inspirations that lend the album its dominant point of reference, at times approaching the airy sophistication of West Coast jazz. Kona's arrangements are as effervescent and intoxicating as champagne, capturing in full the mystery and allure of the Orient; the Mandarins are no less adept on American soil, for that matter, delivering intriguing interpretations of warhorses like "Moonlight in Vermont" and "Peg O' My Heart." Jason Ankeny, All Music Guide

5.11.08

Lili St. Cyr - Effeuilleuse "burlesque"





Après Yvette Mimieux, il faut rendre hommage à une autre des égéries ayant fait carrière dans la psyché américaine des années 50 et 60 : la belle effeuilleuse Lili St. Cyr - née Willis Marie Van Schlaack, initialement chorus girl, puis stripteaseuse de vaudeville aux États-Unis, genre appelé là-bas "burlesque". Mais Lili n'a de français que le nom... et une expérience à Montréal, où elle tient l'affiche au théâtre Gayety pendant 7 ans, et se rend célèbre par l'audacieux déroulement "inverse" de son strip. La loi en Amérique interdisait aux danseuses de quitter la scène avec moins de vêtements qu'à leur arrivée. Lili St. Cyr a contourné cette loi en concevant un numéro où elle se présentait nue dans un bain moussant. Son spectacle consistait en un lent rhabillage progressif. Le Comité de la Moralité Publique de Montréal s’est intéressé à Lili en 1951, sans pouvoir rien trouver à redire. Elle joue le même tour retors à la police et aux censeurs de Los Angeles, qui ne purent condamner le spectacle : Lili St. Cyr fut acquittée ; mais elle sera arrêtée quelques années plus tard lors de sa prestation au cabaret Ciro's pour "indecent exposure".
Certains papys se souviennent encore de son numéro de geisha, celui intitulé Suicide, ou lorsque dans Jungle Goddess elle semble faire l'amour à un perroquet.

Elle devint une célébrité, tourna dans plusieurs films mineurs : The Miami Story, avec Barry Sullivan ; Son of Simbad, avec Vincent Price (beauté éclatante dans le portrait en buste), et I, Mobster, de Roger Corman.
Lili St. Cyr fut un modèle pour Marylin Monroe, influença plus tard Ivy Poison Rorschach, des Cramps, par ses frasques et son tempérament destroy - et jusqu'à Dita Von Teese qui, en digne héritière, décalque aujourd'hui la double activité de la reine du strip : effeuilleuse glamour le soir et le jour vendeuse de sa propre ligne de lingerie sexy.

Il y a une musique typique du burlesque, un genre qui mêle easy-listening, instruments et mélodies d'origine arabe (Turkish) aux thèmes d'un jazz à dominante cuivrée, très illustratif des temps forts du strip et destiné à mener par paliers la gent masculine vers l'apoplexie.


Pour vous mettre dans l'ambiance, écoutez les titres de ce CD (aujourd'hui difficile à trouver), inclus dans un joli coffret édité par Vogue, et accompagné d'un livret dédié aux icones du burlesque ; où l'on retrouve bien sûr la merveilleuse Lili St. Cyr.




16.10.08

Gene Rains - Lotus Land



Si vous êtes amateur d'exotica, sachez ne pas vous contenter des trois grandes figures du genre (Martin Denny, Les Baxter et Arthur Lyman) ré-exhumées il y a une quinzaine d'années. Car le travail de forage dans les archives de la Tiki Culture n'a pas cessé, et la grande carotte de l'exotica comporte également dans la même strate des années 60 le combo de Gene Rains et d'autres excellentes formations méconnues (je vous parlerai une autre fois de Rex Kona & his Mandarins). Gene Rains, vibraphoniste de jazz accompagné de son quartet éponyme, a sorti 4 disques chez Decca et Vocalion. Il a interprété lui aussi, comme Martin Denny au Shell Bar du Hawaiian Village, le répertoire des chansons populaires hawaïennes et des standards de jazz arrangés à la sauce exotica. Sauf que c'est au moins aussi bon que Quiet Village ou Hypnotique. D'ailleurs le Space Age Pop Guide ne s'y est pas trompé dans sa description par rapport à Martin Denny : Although clearly inspired by Denny, Rains' piano style is much more rooted in classical than jazz. The result is, perhaps, more exotic and atmospheric and less redolent of paneled basements and other bachelor pad accoutrements. Very subtle--good for making out, great for conking out.
Lotus Land est le meilleur des LP de Gene Rains : le son (plus encore que la musique) est un régal pour tout beachcomber rêvant de dénicher de vieux disques mélodieux enfouis sous le sable, près du ressac, des cocotiers et des oiseaux tropicaux.

Excellent record but half is standard Denny clone material. His title track and "Africa" cuts are among the very best of the genre in my opinion - superbly executed with spellbinding, magical moods. You can really tell he loved making it. Like Denny he actually lived and performed in Hawaii and his music is similar in style although he was more a classically trained musician whereas Denny was more jazz orientated. Only encoded at 128kps and I thank the original uploader. If you like exotica get it you won't be sorry. Quotations from Xtabay & showandtellmusic

3.10.08

Yvette Mimieux - Baudelaire's Flowers of Evil






Il faudra un jour rédiger la liste des égéries d'origine française ayant fait carrière dans la psyché américaine des années 60 : outre la chanteuse et comédienne Claudine Longet, au funeste destin, il y a la belle Yvette Mimieux (moins connue encore dans nos contrées), née en 1942, de père français et de mère mexicaine. Ses mensurations idéales la firent primer à plusieurs reprises comme une reine de beauté de l'époque ; d'où une orientation progressive de ses apparitions en héroïne effarouchée et dévêtue dans des films de série B (dont elle ne suffit pas à empêcher l'échec commercial). Elle fut décrite, tenez-vous bien, comme "le croisement d'une princesse féérique et de Brigitte Bardot". Avec un tel génotype, rien d'étonnant qu'on la retrouve aux prises avec des monstres mutants et jaloux !


Yvette Mimieux commit également un album en compagnie de Ustad Ali Akbar Khan, qui l'accompagne en jouant des ragas, pendant qu'elle lit des poèmes des "Fleurs du Mal". Rien d'extraordinaire - selon moi - à l'écoute de ce disque, hormis la pochette au portrait vaporeux, qui aura fait fantasmer quelques centaines de jeunes gens arty des années 60 à nos jours. Mais bon, je livre néanmoins cette bizarrerie à votre écoute et j'attends les commentaires.

Yvette Carmen Mimieux (born January 8, 1942) is a now-retired American movie and television actress. She was born in Los Angeles, California to a French father and Mexican mother, Carmen Montemayor.
In 1960, Mimieux appeared in the hugely popular teen movie Where The Boys Are as well as George Pál's 1960 film version of H.G. Wells' classic 1895 novel, The Time Machine playing the character 'Weena', co-starring Rod Taylor. The Time Machine was followed by The Light in the Piazza (1962) with Olivia de Havilland. In 1963, Mimieux appeared in Diamond Head and Toys in the Attic.
At 5'4", 107 lbs, with 34"-21.5"-35" measurements (according to 1963's Movie Life Yearbook), Mimieux was widely regarded as a sex symbol during the 1960s. This perhaps affected her acting career, in which serious roles became increasingly elusive. Many of the films in which she appeared after 1963 were both critical and commercial failures. She later appeared in numerous television series and made-for-television movies.
Mimieux appeared in a 1964 episode of Dr. Kildare entitled "Tyger Tyger" that proved one of the most memorable of the series, and was one of the highest rated shows of the year. She played an epileptic surfer girl whom Dr. Kildare falls in love with. She is forced to choose between abandoning surfing or risking death by following her passion despite the risk of having a seizure in the ocean.

27.4.08

Don Sebesky - The Distant Galaxy



Tromboniste de talent, Don Sebesky a aussi fait des merveilles en tant qu'arrangeur pour d'autres musiciens de jazz, créant de belles enluminures entre cuivres et cordes, que l'on entend notamment dans From the Hot Afternoon de Paul Desmond (chroniqué dans ce blog) ou l'album Bumpin' de Wes Montgomery.
The Distant Galaxy est un maillon mineur dans la chaîne d'albums qu'il a créés ou auxquels il a participé - si l'on en juge par l'extrait biographique anglais ci-dessous. Ce disque est un melting-pot de standards (Lady Madonna, The Blue Scimitar) en version lounge, par endroits groovy (Water Brother et Soul Lady), par endroits orientalisant (Mr Tambourine man, Sounds of Silence et un Guru-Vin plutôt réussi). Les morceaux sont entrecoupés de courts interludes électro-acoustiques, sacrifiant (tardivement) à la mode space-age, et histoire de justifier le concept intergalactique de l'album - mais ces transitions apparaissent assez incongrues. The Distant Galaxy vaut pour le sympathique mélange d'influences indiennes et de grooves bien ficelés.

Sebesky trained in trombone at the Manhattan School of Music. In his early career, he played with Kai Winding, Claude Thornhill, Tommy Dorsey, Warren Covington, Maynard Ferguson, and Stan Kenton.[1] In 1960 he began devoting himself primarily to arranging and conducting; one of his best-known arrangements was for Wes Montgomery's 1965 album Bumpin'. Other credits include George Benson's The Shape of Things to Come, Paul Desmond's From the Hot Afternoon, and Freddie Hubbard's First Light. His 1973 release, Giant Box, hit #16 on the U.S. Billboard Jazz Albums chart.[2] He won three Grammy awards in the 1990s: Best Instrumental Arrangement for "Waltz for Debby" (1998) and "Chelsea Bridge" (1999), and Best Instrumental Composition for "Joyful Noise Suite" (1999).[3] Sebesky has also written a book, The Contemporary Arranger (1975).

10.4.08

Mganga ! The primitive sounds of Tak Shindo


Je vous parlais la semaine dernière des statues africaines, du sorcier, le nganga, spécialiste des rituels d'agression ou de protection. Ce n'était pas de la blague. La preuve ! Le voici derrière un beau masque coloré, transposé en Mganga !, sous les arrangements luxuriants et les instruments (venus du monde entier) du maître japonais Tak Shindo. La pochette en clair obscur est censée insuffler le mystère de l'envoûtement de ces "primitifs", lointains ancêtres des afro-américains que la société WASP des années 50 ignore et discrimine encore. Face à ces diableries païennes, on imagine que la ménagère frissonne, un peu comme dans la pochette de Tabù (voir plus bas), où le regard embrumé de la sophisticated lady en dit long sur le fantasme d'être mangée toute crue. Je digresse. Donc Mganga, ce n'est pas un enregistrement de musiques traditionnelles de chez Ocora (vous l'aurez compris), mais un bon cru d'exotica, un joli vin de palme filtré, qui a le mérite de ne pas présenter d'énièmes ré-interprétations de standards. Cliquez sur le titre pour accéder au lien, chez Xtabays World (Merci).

20.3.08

Richard Bone - Coxa


Joli album passé inaperçu dans la production (un peu trop) pléthorique de ce musicien américain. Richard Bone, né en 1952, a commencé par réaliser de nombreuses bandes son dans le domaine du théâtre expérimental. Il crée son propre label, Quirkworks en 1991, afin de pouvoir donner plus librement forme aux paysages sonores (souvent des planances électroniques) qui l'habitent. Curieusement il est resté en dehors de la vague ambient qui a déferlé à cette époque avec The Orb, System 7, Biosphere, et autres neveux de Brian Eno biberonnés à la techno planante. Mais Richard Bone déroute et il est rarement là où on l'attend. Le voici donc furetant sur les terres des musiques latines et du West Coast Jazz, cherchant à y introduire ses climats ambient (Flanger reprendra ces recherches avec plus d'audace 5 ans après). Première incursion avec Metaphysical Mambo (1996), puis dans la bossa nova avec l'album Electropica (en 1998) enfin dans le jazz lounge des années 50-60, avec Coxa (en 1999), hommage appuyé aux vibraphonistes Cal Tjader, Dave Pike, au producteur Creed Taylor et à l'ingénieur du son Rudy Van Gelder. Si les machines et samples de studio (notre ami Bone est tout seul aux commandes) ne prétendent pas tenir la comparaison avec les pointures citées plus haut, ce tribute d'un électronicien venu d'une autre planète musicale n'en reste pas moins intéressant, en ce qu'il distille une certaine inquiétude dans ce salon de massage musical pour loungers nostalgiques.
En écoute Dido.

Richard Bone shows a deeper and more mature approach to his work and the constant ability to reach into uncharted territory with his compositions is rewarding. Listening to Coxa is like entering a smoke-filled sleaze bar with its requisite gritty lounge music. Coxa (Quirkworks, 1999) is a vastly improved version of Electropica. Bone keeps swinging between ambient music and this electronic pop-jazz format. No doubt this is a "lighter" genre, but Bone achieves a superb sense of elegance and psychological depth with Garden and 47 Youth Street. Even the mellow singalong themes of Playa Six and Dragneta My Love, while anchored to a simple refrain and too friendly to cocktail music, suggest subliminal moods. This is an album full of surprises, including a faithful revival of the big-band sound (Almorita Dive and What If). It stands as Bone's masterpiece in the "popular" genre..

9.3.08

David Shea - The Tower of Mirrors


Né dans le Massachusetts en 1965, David Shea s'installe à New-York en 1985 après des études musicales. Adepte de l'improvisation libre et de l'électronique, il s'intéresse depuis le début des années 90 aux échantillonneurs, qu'il a contribué récemment à perfectionner. Il est attentif à faire de l'échantillonneur un instrument à part entière, qui joue sa partition comme les autres et peut même se produire en solo. Sa production récente associe instrumentistes et échantillonneur pour produire soit des "symphonies" d'un nouveau type, où le matériau acoustique est fondu dans un prodigieux travail sur le son, soit des mises en scène de chambre, où l'électronique enveloppe les instruments dans une ambiance sonore qui n'est pas sans rappeler les musiques de film.
Notamment The Tower of Mirrors, créé en 1995, une des pièces maîtresses du puzzle musical de David Shea. Il s'est inspiré du roman chinois "Hsi Yu Pu", écrit par Tung Yen en 1652, qui raconte le voyage d'un moine taoïste de Chine en Inde, pour en rapporter les paroles sacrées du Bouddha. Alors qu'il chemine à travers la forêt, il sombre dans le sommeil et rêve d'une tour de jade emplie de miroirs. Chaque miroir s'ouvre pour lui sur un monde : le monde de l'oubli, le monde des anciens ou du futur. Cette oeuvre fut interprétée tour à tour comme une métaphore de l'illumination, un essai sur le désir dans la mythologie, une critique socio-politique de la dynastie Ming ou bien encore comme un recueil de contes populaires.
Autour de cette trame riche d'interprétations, David Shea convoque des échantillons de contes chinois, des prières, des textes lus en chinois, en italien, des citations de films (l'inquiétante voix laryngectomisée de Alphaville), et surtout une multitude de samples de space age pop.
"La nature exotique d'une grande partie du livre, dit David Shea, m'a amené à m'intéresser aux maîtres de la musique exotica, des années 50 et du début des années 60, principalement azux expérimentations extrêmes sur la stéréo, que la RCA avait commandées à Esquivel, Les Baxter, Martin Denny, Marty Gold, The Three Suns, André Popp, et d'autres, pour convaincre le public que la stéréo était plus intéressante que le mono.(...)
"Utilisant le roman comme lieu musical, mon travail a été élaboré à l'origine comme une collection de pièces pour sampler solo puis pour sampler et instrument. Il est ensuite devenu un récit cinématographique et musical constituée par des "miroirs" pour solos et duos illustrant des chapitres du roman. il est aussi un hommage à des compositeurs de musiques de films comme Henri Romain, John Barry, Ennio Morricone, Alex North, et à des compositeurs contemporains comme Ligeti, Xenakis et Feldman. L'étonnant travail de David Morley pour synthétiseur a fourni une bonne part du matériau de base pour les machines." David Shea




Manhattan-based composer David Shea is closely associated with the New York Downtown experimental music scene, which includes oft-collaborators such as John Zorn, Anthony Coleman, Bill Frisell, Marc Ribot, Fred Frith, Ikue Mori, and Bill Laswell. A sonic architect utilizing samplers, turntables, drum machines, and sequencers in complex amalgamations of genre and cultural reference, Shea is apt to move from probing electro-acoustics to Chinese traditional music, American pop, Latin jazz, and exotica in the space of a single piece. The bulk of his work appearing under his own name has been released through Zorn-related labels such as Tzadik and Avant, as well as through Belgian experimental music label Sub Rosa. Employing compositional methods forged from early electronic experimentalists such as Iannis Xenakis, Morton Feldman, Gyorgi Ligeti, and John Cage, Shea also adds more modern techniques of digital sound design and manipulation, cutting the combination with a wide palette of historical and cultural influence. A practicing Buddhist, Shea's odd fusion of East and West (particularly on albums such as Hsi-Yu Chi and Tower of Mirrors) is partly a function of the expressive role Eastern cultures have played in his own musical and cultural development. Shea's facility for fusing not only the spiritual but also the pop cultural elements of Eastern cultures (Hong Kong cinema, allegorical Chinese theater, etc.) is accomplished and critically renowned.

Les deux extraits ci-dessus en rip access"

22.2.08

Marino Marini - Il meglio di Marino Marini


Si on veut chercher un équivalent italien des Three Suns (lounge bon enfant, style alerte à large spectre), un chanteur en plus, il faut remettre sur la sellette le Quartetto Marino Marini. Le leader homonyme, fils de chef d'orchestre, devenu pianiste et chanteur, part aux Etats-Unis en 1948 rencontrer les jazzmen de l'époque : Dizzy Gillespie, Charly Ventura et Stan Kenton....Il se perfectionne également en matière électroacoustique, afin de traiter et optimiser le rendu sonore dans ses disques et concerts.
A son retour en Italie, il joue dans des cabarets romains ou napolitains. En 1954, il recrute des musiciens débutants par petites annonces et en 1955 il enregistre son premier disque sur le label DURIUM. En 1956, il fait sa première apparition à la télévision sur une chaîne italienne. Marino Marini et son quartette vont faire des tournées sur tous les continents. Ils iront même en URSS ou en Pologne et collaboreront avec Mikis Theodorakis sur la bande originale du film "Honeymoon", en 1956.
Formation italienne aimable et sans prétention, Marino Marini a donné plusieurs belles interprétations de ballades rétro (leur Kriminal Tango est même assez original) ; l'article anglais ci-dessous, plus élogieux que moi, les place au top...

Ce scopitone déniché sur Youtube est étonnant pour son traitement, plein de bruit de fond, flouté et surexposé, quasi onirique.



Marino Marini was born in Seggiano on May 1924 in a family dedicated to music. His father conducted a village band, his brother played trumpet in a symphony orchestra, another brother played drums, and his sister became a singer in Napoli. Marino initially did not share the family's musical traits: he studied electrotechnic in the Industrial Institute in Bologna.
In 1948 Marino travelled to New York, earning his passage by playing piano onboard a Polish ship Sobieski. He spent six months in the Big Apple, and made friends with many musicians, including Dizzy Gillespie, Stan Kenton and Charley Ventura.
Throughout the years Marino was honing his electro-acoustic skills and constructed the multiplicator of sound. By all accounts, Marino Marini was the first musician with a good background in manipulation of sound and he used this skill masterfully to boost the standing of his group on stage.
The first quartet consisted of Marino Marini - piano and vocal, Tony (Toto) Savio (guitar) - Sergio (later replaced by Angelo) drums and Ruggero Cori - bass and vocal. These musicians played together for around six years, 1955 – 1960, the most prolific and successful years of the group. The toured the Western Europe extensively: their arrivals in Paris were unprecedented musical feasts, gathering all: from the general public, through luminaries of French culture to Monsieur le Président.

In the end of 1963 Marino decided to rejuvenate his Quartet once again. His new musicians were Francesco Ventura - guitar, Sergio - drums, and Franco Cesarico - bass guitar and vocal. This group played until 1966, when Marino Marini, still highly regarded and popular, decided to change his life interests again.
The musical style of all three groups had a lot in common, but also varied considerably.

What is the overall significance of the Marino Marini group? After the WW2, popular music in Europe was pretty frail, being a mixture of reminiscences of pre-war years, sung by an older generation, and post-war influence of victorious armies: swing, boogie-woogie, this sort of things, which also belonged to a bygone era. New music was long in the making.
The Marino Marini ed il suo Quartetto was the first group in Europe to use sophisticated sound mixing and effects on stage. Their live recordings are not worse than studio ones: and some of them are even better, more relaxed, and more easygoing.
Marino Marini repertoire was based in 80 percent on Italian songs: to many of them he wrote music, and sometimes also text.
Marino Marini excelled also in several other fields. The Quartet recorded a first 16 RPM LP in the World. Nowadays, in times of compact disks, a 16 RPM vinyl seems pretty ordinary, but at the time it allowed to put 20 songs on a LP, instead of the usual 12. Out of other groundbreaking events, Guaglione was the first song in Europe which sold over five million copies.

25.1.08

Piero Piccioni - Bora Bora (B.O.F./O.ST.)


"Autre pièce de choix, ce bel album de Piero Piccioni emprunte des couleurs et des saveurs inattendues. "Bora Bora", soundtrack méconnu d'un film qui l'est tout autant, n'a rien à envier aux autres merveilles du compositeur italien : l'opus préfigure en effet "Camille 2000" et "Appassionnata", 2 monuments de la lounge music. Avec un titre aussi évocateur, "Bora Bora" régale l'auditeur de 10 titres élégants, un assortiment de miniatures tropicales, fraîches et apaisantes, un "pur premium" exotique emporté par le style "Piccioni", irrésistible et délicat. Bora Bora, la perle du Pacifique, ses plages de sable fin, ses eaux turquoises, son soleil généreux, ses ciels soyeux, ses vahinés lascives : le décor est campé sur 32 minutes dépaysantes. Ici, le maître italien flane sur les terres de Martin Denny ; les instruments de percussion tahitiens acheminent l'auditeur au coeur du lagon, vers l'image que chacun se fait de ce paradis ; la basse ample et pénétrante épouse un rivage de voix étherées, tel un diadème d'écume, puis s'évanouit sous des arpèges de cordes. Des passages dynamiques et porteurs (guitare, basse, batterie) présentent une alternance de beat et d'exotica. Ici, étonnament, Piccioni met l'orgue et le piano de coté ; il ne s'agit pas de restituer les ambiances étranges ou nocturnes si spécifique à l'auteur ; c'est aussi en cela que "Bora Bora" se distingue, et Piccioni n'a, en aucun moment, émoussé sa capacité à nous émouvoir. Loin des thèmes bossa classiques, cette escapade musicale se savoure entre amis ; un must pour les amoureux de musique légère, estivale et vanillée !" Vitalis

Exotica record - Piero Piccioni scored Ugo Liberatore's '68 exotic drama (also an oddball sexcapade) Bora Bora for the European release. Les Baxter rescored the movie when American International Pictures distributed it to U.S. theaters. The original vinyl (released by Cinevox and AIP respectively) is hard to come by, but this is your lucky day. Here's a rip of the OOP Piccioni soundtrack (as reissued by Soundtrack Listeners Communications in '96). Now, all you need is an umbrella in your drink, your toes in warm sand and an island girl or island boy to attend to your every need.

17.1.08

Reposting Exoticast 1 & 2


A ma gauche Exoticast 1, aka Beautiful Bongos & Swinging Chanteuses : 45 minutes de kitscheries délicieuses et de morceaux choisis, un de premiers posts de Martian Shaker.
A special mix between lounjazz, mambo, exotica, and some of my favourite retro grooves, with : Chiemi Eri, Edmundo Ros, Joey Altruda, Eartha Kitt, Perez Prado & Rosemary Clooney, Johnny Frigo, Gillian Hills, Barbara Moore, Les Masques, Jumping Jacques, Irène de Trébert, Les Double Six, Aura Urziceanu, Marta Szirmai, ....

A ma droite Old Shells & New Shores, une seconde compilation de coquillages exotiques pour vos oreilles.
On the right side, Exoticast 2, a second blend of old, classic stuff : Martin Denny, Sondi Sodsai, Dick Hyman, Milton Banana, Elza Soares ; mixed with recent tracks from artists inspired by exotica : Luke Vibert & BJ Cole (with the haunting voice of Addie Brik, reminding of Yma Sumac or Bas Sheva), Sukia, and the asian master of ambient exotica, Haruomi Hosono. Enjoy !

10.11.07

Pram - The Moving Frontier


Etincelant, le dernier album de cette formation de Birmingham qui avait enchanté nos oreilles dans les années 90 avec leur étrange joyau d'exotica mélancolique (Sargasso Sea), leur escapade du côté de chez Guy Maddin (North Pole Radio Station), et qui semblait s'être désagrégée silencieusement, n'étonnant personne, tant leur musique était déjà comme un don des dieux, fragile, fugace et inespéré. Equilibre instable de pianos jouets, xylophones lunaires, vibraphones, syncopes, Theremin intersidéraux, orgues Wurlitzer ; imaginez Dick Hyman et Mary Mayo remixant Tipsy sous amphétamines - ça donne Pram, ces chansonnettes lancinantes envoûtées par la voix de Rosie Cuckston. Les écouter, c'est s'immerger dans un stéréogramme acoustique, à la recherche des images troubles qui se dessinent entre les lignes mélodiques, les échos et les bricolages électroacoustiques (merveilleux Metaluna - que n'aurait pas renié une Bebe Barron).
Revoici leur univers musical intact, avec toujours le même son en demi-tons, en modalités orientalisantes. Toujours cette atmosphère unsane, ces instrumentaux dignes de scores de série Z(arbi). Mais Pram a indéniablement gagné en maturité. Ce qui change ? des cuivres plus marqués, des arrangements plus aboutis, une dimension brass band en avant (Blind Tiger, Beluga), des boucles modales écharpées de violons easy (Marianna Deep). The Moving Frontier est superbe de bout en bout, ou quand le bricolage se transmue en orfèvrerie. Ecoutez donc Pram, faîtes un saut dans l'inconnu !

Fifteen years and counting, Birmingham jazz-electronica experimentalists strike again For the casual listener, Pram’s uncomfortable chord progressions, and Cuckston’s unsettling voice may present some real challenges – this would be perfect chillout music – except that it’s morbidity would probably lead to a very bad comedown.There’s little question that this is the work of troubled genius. As happens so often, one finds oneself questioning when is the right time to play this album. But find it and persevere. You’ll be glad you did.Fusing ethereal other worldly electronica with the fundaments of jazz, Rosie Cuckston’s tiny but powerful voice is backed by syncopated rhythms, random bleeps, Theremins and lush, minimalist keyboards, creating landscapes of sound – a gateway to a unique world.Sounds that could have a home at The Big Chill or The Barbican, and blurring the lines between classical and pop, “The Moving Frontier” is nothing short of spectacular, a myriad of contradictions that both engage and alienate.
Pram are one of those bands that sit on the fringes of the industry, a name embedded in the hearts of many, producing the kind of music that you have to allow to envelop you – worthy of your time and your effort, but confounding to the casual listener.
Text above and rip access thanks to Bolachas Gratis

25.9.07

Perez Prado & Rosemary Clooney - A Touch of Tabasco


Etonnamment, le dictionnaire du jazz paru chez Robert Laffont n'offre pas la moindre entrée alphabétique à cette actrice et chanteuse de talent. Peut-être est-ce son côté entertainer prime-time, avec son show musical télévisé : le "Rosemary Clooney Show", ses invités (le Nelson Riddle Orchestra, le quatuor vocal formé par les Hi-Lo's) considérés probablement plus comme des formations bon chic-bon public que comme de véritables pointures du jazz. Je ne sais pas. Qui a une explication ?
Entre les années 1958 et 1963, elle signe chez RCA Victor et réalise 6 ou 7 disques. Ecoutez-la en duo avec Prez, le Rey del Mambo, l'incontournable pianiste et arrangeur de bongos dansants de l'époque. Même si chacun des deux artistes aura réalisé de meilleurs disques séparément, il faut admettre qu'une jolie alchimie est à l'oeuvre dans cette "Pointe de Tabasco", gravée en 1960. Car Prez, qui a de son côté peu joué avec des vocalistes, a su créer un subtil écrin de tonalités cubaines à la voix de velours de Rosemary ; et cette dernière, qui n'avait jamais chanté avec des percussionnistes, donne une des meilleures versions de tous les temps de "Sway" et un "Bali-Hai" gorgé de touffeurs tropicales.



"This is a superb cooperation from 1960. And yes, they mean the world-famous pepper-sauce. These songs are hot, you´ll see... hear, I mean. I don´t have to say anything about Perez Prado, do I? Rosemary Clooney was an actress, TV-Show-host and singer. And a close friend of Bobby Kennedy, who was shot in 1968. She was married to the famous actor Jose Ferrer, and she is the aunt of George Clooney, but that´s not her fault... Hot rhythms, a hot voice and the bashy sound of Perez Prado, who could ask for more? More hot? Even hotter? Hmm, I´ll see what I can do... But till then, it´s Mambo-time!" Roman's Easy listening

22.9.07

Chiemi Eri & the Tokyo Cuban Boys - Japanese Folk Songs



L'engouement des japonais pour les raretés de jazz et de rétro-pop occidentales ne date pas des années 90 (il faut par ailleurs leur reconnaître d'avoir sur dénicher et/ou rééditer de très belles pépites de west coast jazz et de bossa nova - voir par exemple le site disque dessinee). Et de leur côté du pacifique, ils ont bien sûr tout un lot de kitscheries folk-pop, dont Chiemi Eri est sans conteste une des égéries. Cette chanteuse des années 50, qui fut également une actrice populaire, s'adjoint ici les services d'un combo local à tonalité cubaine (percussions et cuivres). Si bien que le chant de Chiemi Eri, modulé dans un style japonais classique, et posé sur des arrangements et une instrumentation jazz lounge ou mambo crée une hybridation inouïe et, ma fois, plutôt gironde pour des oreilles curieuses. On retiendra Itsuki no komoriuta, véritable perle d'exotica chaloupée et langoureuse, et Otemo-yan, où la belle adopte un jeu de modulations interrogatives typique du folklore musical japonais, que l'on retrouve d'ailleurs dans un titre célèbre du duo new wave (tout aussi japonais) "Frank Chickens."

1.9.07

Alex Scorier - Latin for dancers


La trajectoire d’Alex Scorier, soliste de formation swing, souffleur de grande tenue (saxophone ténor et soprano, trompette, flûte) alterne expériences en big band (Fred Bunge, BRT Big Band), travail en petite formation (avec Herman Sandy, Philip Catherine, Marc Moulin et son Placebo) performances de sideman (aux côtés de géants comme Bill Coleman, Buck Clayton, Don Byas), incursions funky (saxophone au sein des très sensuels Chakachas) et bien avant les années 70, il livre d'admirables versions un peu fake de mambo, latin et lounge (à la manière de Michel Magne avec Tropical Fantasy), à travers trois albums parus chez Polydor (Cha Cha Cha A Go Go, Sax In The Box et Latin For Dancers ), recherchés des collectionneurs, notamment le dernier, pour ses revisitations de standards tels que Perfidia, Havah Nagilah, Bubbles & Co, avec un morceau sublîme : Taboo. Pièce rare, donc, brought to you par Martian Shaker pour la rentrée :) Bonne écoute !



Alex SCORIER studied at the Brussels Royal Conservatory. He started his musical activity at age 18. In 1952 he formed his first big band with two American musicians - Sax player Jay CAMERON who was the soloist of the Woody HERMAN Orchestra and Slide HAMPTON and Jimmy GOURLEY (guitar). During 1954 to 1956 was member of the Fred BUNGE and Werner MULLER Orchestra in Germany as well as that of Fud CANDRIX. Back in Belgium, Alex SCORIER plays with famous American soloists, passing through the country, such as Buck CLAYTON, Taps MILLER, Bill COLEMAN, Clark TERRY, Steve LACY, Ernie WILKINS, Richard BOONE, Don BYAS. A jam session with Duke Ellington, at the Faun (Hambourg), in 1955 and with Slide Hampton.
From 1964 to 1991 he is a member of the BRT (Flemish radio & TV) big band under Francis BAY and Freddy SUNDER. He is a member of Marc MOULIN's "PLACEBO" from 1973 to 1975, with Richard ROUSSELET, Philip CATHERINE and others.
Latin For Dancers (Polydor) is a wicked album – half the tracks are average faux-latin fare (Patricia, Cherry Pink and Apple Blossom White,...) but don’t let that fool you because a handful of songs turn this into an essential album. Taboo is one but Scorier’s own compositions too are splendid. Ba Bi Baloo – Bi Balaa has brilliant worldless vocals and Meeting Point is a Killer with capital K.

28.6.07

Cine Mad in Chaos - Coconutz in the Air


Le premier album du brésilien Guilherme Simonsen est un disque syncrétique et innovant, un collage stylé à l'image de la pochette ; ça lorgne du côté du jazz, de la lounge, du trip hop... avec tout du long un dub pêchu (un peu systématique à mon goût, mais qui donne son unité à l'album). L'assortiment de samples et d'instruments acoustiques crée une ambiance de musiques de film ("Memory"). D'étonnantes cordes classiques donnent une tonalité raffinée à "Before Mister Chang died" et à "Wushu". Des guitares slide ou électriques, des chants ethniques, des inserts, bruitages, voix saccadées, et le chant de Barbara Starling, trafiqué mais envoûtant ("Another room", "What a mess we made").
Le bonhomme est indéniablement talentueux, au dessus des fusions interstylistiques qu'il m'a été donné d'écouter. Coconutz in the Air est une des premières bonnes surprises de ce début d'été 2007.



Cine Mad in Chaos with the new album Coconutz in the Air proposes an Electronic fusion of analogical timbres with Break Beat/Trip Hop/Dub and unusual atmospheres, creating a singular and innovative style.Electronic Trip Hop/Dub project of which Guilherme Simonsen is both the producer and creator.
Audio producer since 1997, Guilherme started his experience producing Psy Trance. Soon, in 1999, he became one of the pioneering Brazilians in the live-act performance, playing his sound in Tranconso and Caraiva (Bahia), Alto Paraiso (Goias) parties in 1999/2000 and furthermore, in Sao Paulo.
The real transformation happened back in 2001, when Simonsen, trying to evolve his knowledge on electronic music, has moved to Australia, where he built up an independent studio. There the will for the total freedom of creation sprouted which brought the experimental music. He came back to Brazil in 2002, when he felt the need to create a more consistent project: emerges then Cine Mad in Chaos. CMC is considered one of the main Down Beat projects in Brazil.

31.5.07

Alan Lorber orchestra - The Lotus Palace


On a beaucoup glosé sur ce disque parmi les amateurs d'indo-jazz et d'exotica frottée aux sitars (Lord Sitar, Bill Plummer, Ananda Shankar). Les uns le portent aux nues, les autres lui font une place (plus juste selon moi) dans le peloton des curiosités d'easy-listening plutôt réussies, avec un album en définitive atypique, parce que partagé entre lounge mainstream et explorations plus libres.
Alan Lorber était un arrangeur d'importance marginale dans les années 60 ; il travaillait pour des artistes eux-mêmes de notoriété a priori mineure tels que Neil Sedaka, Connie Francis, Gene Pitney, Lesley Gore, ou Lenny Welch. En 1967, il crée le Alan Lorber Orchestra avec plusieurs bons musiciens de l'époque (son sitariste Collin walcott, notamment, avait appris à la source de Ravi Shankar, et officié aux côtés du jazzman Tony Scott dans ses excellentes compositions orientales). Objectif de ce combo de haut vol : réaliser un album pot-pourri de standards (dont un excellent Mais que nada) et autres titres easy, pop, rock. Il faut reconnaître que ces réinterprétations avec tablas, tambouras et sitars, font encore aujourd'hui leur petit effet d'exotica transcontinentale, voire expérimentale. On peut donc imaginer combien The Lotus Palace a pu paraître trendy à l'ère de la psychedelia soixante-huitarde, directement biberonnée aux influences indiennes...

Rip Access
1. Up, Up and Away
2. Where? (8) [Version 1]
3. Mas Que Nada
4. Echo of the Night
5. Lucy in the Sky With Diamonds
6. Look of Love
7. Flute Thing
8. Hang on to a Dream
9. Within You, Without You
10. Roopaka Dha Teri Dhin Dhin
11. Serpent & The Hawk
12. Hollow in the Wind
13. Where? (8)
14. Djellaba (The Hooded)
15. I Heard the Rain and...

Personnel: Jerome Richardson, Collin Walcott (sitar, tabla), Ernie Royal (trumpet), Alan Lorber (production/orchestration), Seymour Barab (cello), Gene Bianco (harp), Louis Haber (violin), George Marge (bassoon, oboe), Hugh McCracken (guitar, bass), Irving Spice (violin), Louis Stone (viola), Howard Hirsch (percussion), Donald Robertson (tamboura)

Alan Lorber, successful producer and leading arranger in the USA in the early 60s, explored cross-market orchestral fusions in the hits he made for the top artists of the time. The Lotus Palace was the springboard for the Eastern Indian/jazz fusion mix of classical Indian instrumentation, (the sitar, tamboura, tabla), against reverberating Western orchestration. Featured in the album, are sitarist Colin Walcott & jazz flutist Jerome Richardson. Hit cuts include "Mas Que Nada" a 15 year staple of Germany's Mojo Club's Dancefloor Jazz, and "Within You, Without You" most recently included in the Thievery Corporation Club compilations. Other current Alan Lorber orchestral albums include his new virtual 21st Century Orchestra series of his contempory works, his reissues of the 1966 Abbey Road recordings of Dylan & Peter Paul & Mary music, and unique spoken word works with musical accompaniment.

5.5.07

The Surfmen - The sounds of Exotic Island


Cette pochette, faisant surgir très kitschement - sur fond de fougères sauvages - une hawaïenne dénudée d'une orchidée en guise de jupe tentaculaire, est une des plus ravissantes du style exotica. Sans être un joyau du genre, le contenu auditif est à la hauteur : belle richesse instrumentale, comme chez Martin Denny ou Arthur Lyman ; qualité des arrangements qui frappe rapidement l'oreille grâce à un combo réunissant du beau monde : Paul Horn, Jimmy Rowles, Alvino Rey, Milt Holland (qui a commis par ailleurs avec Roy Harte le savoureux Percussion Unabrigged ) et le célèbre percussionniste Emil Richards dont on a déjà parlé dans Martian Shaker.

Rip access ici :

This is music with the hypnotic enchantment of a jungle paradise filled with both the romantic and the forbidden. From the delicate eroticism of the "Orchid Pool," the calling surf of "Moonlight In Paradise," to the terror of the volcanic sacrifice in "Fire Goddess"; this is music of a unique and spicy flavor. This is the lure and the spell of Exotic Island.
The arrangements in this album were scored by two very capable musical beachcombers — Joe Kuhn and Bob Louden. The Surfmen include such top west coast musicians as Paul Horn, Roland Bundock, Jimmy Rowles, Al Hendrickson, Alvino Rey, Jack Sperling, Sam Weiss, J. Castonza [sic], Milt Holland, Gene Estes, Ann Stockton, Emil Richards.
Special percussion instruments used were: Tahitian log, Chinese wind glass, Guatemalan gourd, coconut shells, lava stones, bamboo rods from Hawaii, bamboo puppet shakers from Hong Kong, and Congo drums from Tanganyika, Africa. Tropical bird calls, surf and jungle sounds are authentic recordings of same.

5.1.07

Michel Magne - Tropical Fantasy



Tropical Fantasy - déjà mis en partage sur plusieurs blogs - n'est pas une nouveauté pour les férus d'exotica américains et connoisseurs internationaux du genre ; par contre il est possible que les amateurs francophones de bizzareries musicales ne connaissent pas ce joyau composé par Michel Magne, à l'écart de ses musiques de film, au début des années 60 à Paris (pochette du dessous).
Ce disque restera malheureusement méconnu de sa discographie, malgré une réédition américaine chez Columbia, (la pochette au dessus, sous-titrée Adventure in exotic sounds and percussion), elle même tombée dans l'oubli avant de devenir cultissime il y a quelques années. Et pour cause ! Il faut croire que Magne a réussi à saisir et dépasser l'essence même de l'exotica. Sa recette : prenez une douzaine de standards populaires, ou latin & jazz (Bahia, Besame mucho, Perfidia, Tabu, Perhaps…), désossez tous les arrangements habituels jusqu'à retrouver la moëlle du motif mélodique ; ralentissez le tempo et rhabillez la mélodie en saupoudrant tous les sons consacrés par le genre : racleurs des îles tropicales, sifflements d'oiseaux, cris de singes et de grenouilles de cabaret à la Martin Denny, chants tribaux made in Barclay et chœurs de fausses déesses à tous les étages. Réarrangez avec vibraphone, carillons, maracas, marimbas, piano, cuivres ; et vous n'y êtes pas encore. Tropical Fantasy lorgne vers les expériences concrètes, avec de grosses pincées de sons incongrus, de voix trafiquées et de manipulations de bandes, à rapprocher des trouvailles géniales de Pierre Fatosme : l'ingénieur du son d'André Popp. Inouï !

Although this is a landmark album among american and international exotica cognoscenti, I would like to popularize it for french lovers of weirdo music.
"Magne cut an album released in the U.S. by Columbia under the title, Tropical Fantasy, that's unlike anything else in space age pop. Any one thing, that is--for it might well be described as the album that Martin Denny and Andre Popp (providing Pierre Fantosme was along for the ride) never made.
Magne stuck to pretty standard material, a mix of jungle exotica and real and fake Latin numbers, and taken by themselves, his arrangements are also pretty standard pop orchestra fare.
What makes Tropical Fantasy fun is the way Magne manages to cram together into one album virtually all there is to love about space age pop music. Sound effects? Got 'em. Musique concrete? Got yer car horns and machine noises here. Tape manipulation? Backwards, forwards, speeded up, and slowed down. Bird calls and jungle shrieks? Well, it's not Augie Colon, but it's a close second. Percussion up the ying-yang? Yup--bongos, maracas, cowbells, marimbas, ratchets, bells, chimes, etc. Oddball instrumentation? Lessee--ocarina, pennywhistles, carillon, tin cans--check. All jammed into one LP recorded on two-track tape. Magnifique, Michel!
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from Space Age Pop