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26.10.08

Jeroen Verhoeven - Table Cinderella



Ce meuble aux formes stupéfiantes a été créée en 2005 par l'artiste hollandais Jeroen Verhoeven, qui a fait ses classes à l'Académie de design d'Eindhoven.
Il a nommé sa table Cinderella en référence à l'outil de morphing et de coupe robotique à 5 scies.
La table est composée de 57 planches de bouleau. Elle présente trois faces : la première (image supérieure), tout en rondeurs et volutes organiques, apparente l'objet à une improbable conque de bois, meuble futuriste sans fonction manifeste ; un quart de rotation et le meuble se drape en commode ; un quart de tour encore et le drapé de bois est celui d'une console régence (image inférieure, l'autre côté). Le tout en creux bien sûr, car c'est là la trouvaille de Verhoeven qui ne saute pas tout de suite aux yeux... regardez bien, ce n'est pas le meuble plein mais le contour qui définit la forme.
Jeroen Verhoeven rappelle Erwin Wurm (dans ce blog), qui s'amuse lui aussi à contrarier d'une autre façon les lois de la rigidité des matériaux.

For the form of the table Verhoeven was inspired by 17th and 18th century archetypal shapes of tables and commodes that he found in the library of the Stedlijk Museum in Amsterdam, because he regarded this period as the highpoint of furniture craftsmanship.  He simplified their outlines, then merged them together in a computer to create a fluid three-dimensional form from two-dimensional drawings. 
This process took three months to perfect. The virtual design was 'sliced' and each of the 57 slices, each 80mm thick (a total of 741 layers of plywood), was fabricated by CNC (computer numerically controlled) cutting machines, working on three, and sometimes five axes.  Each slice was cut from the front and from the back to perfect the curves and undercuts, pushing the boundaries of the technology. All the slices were assembled and the entire object, which is a hollow plywood form, was finished by hand. 
Verhoeven said 'It's about attention to detail and the possibility to make something unique with a machine that is normally used for mass production.'
The object is clearly the result of computer aided design, but is also clearly hand-finished.  It alludes to grandeur through the outlines of historically grand furniture in its profiles, yet it is also economical and humble, an unadorned plywood shell with no applied surface. These contradictions, or juxtapositions, are commonly found in recent Dutch design.

27.12.07

Ushida & Findlay : La maison douce et poilue

Plusieurs mois après l'irréaliste Loftcube, voici un concept peut-être tout aussi irréaliste, mais extrêmement séduisant et élégant dans sa réalisation.

"Intrigués par l'affirmation provocatrice de Salvador Dali sur l'architecture du futur, les clients, un jeune couple de journalistes d'architecture, avaient commandé à Eisaku Ushida et Kathrin Findlay une maison "douce et poilue".

J'avoue avoir moi-même été intrigué par ce nom, d'abord parce qu'il véhicule l'idée originale d'une maison qui échappe enfin au règne minéral (verre, pierre, béton) ou végétal (tendance Robin des bois, maison dans les arbres, écolo et tout le toutim actuel). Une maison animale donc, comme la peau, le système pileux, pas une de ces maisons "intelligentes" de l'idéal domotique. Une maison vivante, incarnée dans les stéréotypes du masculin (les poils) et du féminin (la douceur).
Dans le site d'Ushida & Findlay, la maison est décrite comme "couverte d'un tapis d'herbes sauvages semblables à celles des terrains vagues environnants. Enroulée autour de son patio, elle a été pensée comme une incarnation du couple : le corps de l'homme et celui de la femme lovés autour de celui de l'enfant représenté par la forme utérine de la salle de bains. La maison, paysage où s'entremêlent le familier et l'étrangeté, a été entièrement programmée à partir de ses implications psychanalytiques. ...

Pour Ushida & Findlay, ce projet était l'occasion de projeter, dans l'architecture, une pensée surréaliste. Alors que le minimalisme, tendance architecturale dominante au Japon, cherche à "dématérialiser le réel", ils ont tenté ici, à la manière de Dali, de "matérialiser le rêve", de construire une "réalité" mêlant dans un même espace des éléments internes et externes à l'architecture."

Belle explication, mais le caractère "doux et poilu" qui fait le charme conceptuel de cette maison ne saute pas vraiment aux yeux.

19.10.07

Vladimir Arkhipov - Home-Made - Contemporary Russian Folk Artifacts


"La pénurie stimule l'imagination et la créativité. Comment monter une lampe à partir d'un chapeau de paille ou transformer un plateau de capsules de bières en paillasson. Le collectionneur Vladimir Arkhipov a exhumé de l'ancienne URSS des centaines d'objets de survie nés de la débrouille et de la bidouille. (...) L'inventaire de ces ready-made soviétiques tient au final dans un ouvrage réjouissant, à mi-chemin du catalogue Manufrance et du poème Dada." Beaux-Arts Magazine - Septembre 2006, p.37.
J'ai ajouté à cette notule le libellé 2020, parce que, développement durable aidant ou pénurie forcée, il va bien falloir apprendre à recycler davantage, à consommer moins de tous ces objets qu'avec un peu d'astuce et de bricolage on peut fabriquer soi-même.



The clever, bizarre and poignant DIY housewares that fill the pages of Home-Made: Contemporary Russian Folk Artifacts have stories to tell. They communicate the textures of the lives of ordinary Russians during the collapse of the Soviet Union, they highlight alternatives to factory design and disposable goods, and they speak volumes about what goes on in other people's homes--how they spend and scrimp, how they make do. Home-Made highlights the best of the everyday objects made by ordinary Russians during and around the time of the Soviet Union's decline. Many were inspired by a lack of access to manufactured goods. Among the hundreds of idiosyncratic constructions for inside and outside the home are a back massager from a wooden abacus, a television antenna from unwanted forks, and a tiny bathtub plug from a boot heel. The author is himself a self-taught artist: he began exhibiting his own objects and installations in 1990, and collecting and cataloging these everyday, utilitarian objects handmade from modern materials a dozen years ago, in 1994. He accompanies each invaluable artifact with a photograph of the maker and his or her story. Foreward by Susan B. Glasser of the Washington Post Foreign Service. From amazon.com

28.5.07

Le Loftcube est-il une fausse bonne idée ?

Le projet d'un architecte américain qui proposait de recycler en habitats domestiques d'immenses containers métalliques (ci-dessus) m'avait laissé sceptique.
Plus récemment je découvre le Loftcube, inventé par le studio allemand Aisslinger. Ce grand bungalow élégant (ci-dessous) possède un je-ne-sais-quoi de magique que le container n'avait pas. C'est qu'entre une vie dans les entrailles ferrugineuses d'un container design et une vue imprenable sur les toits de la ville, dans une sorte de maison MacIntosh, l'air des cîmes urbaines apparaît bien sûr plus attractif. Enfin au dessus des foules et du bruit, le calme d'une esplanade rien qu'à soi, tutoyer les grands monuments, tout ça est de nature à attirer le citadin en mal d'habitat original.




Le dispositif est même parfaitement packagé et sa faisabilité ne semble pas faire de doutes : un choix de façades multiples plus ou moins vitrées, un toit amovible, des matériaux composites formant un cube de 40 m2, permettant son transport en un seul bloc par hélicoptère (diantre ! ma maison comme dans un film de James Bond) sur le toit de ...euuh (au fait quel toit ? comment ?). C'est là que le bât blesse, que le principe de réalité commence à saper le beau fantasme du Baron perché.
Je me renseigne sur la mise en oeuvre pratique, cherche à savoir si certains ont déjà étrenné leur Loftcube à Marseille, Paris, Grenoble, si les gérances d'immeubles vous louent (vous vendent ?) 200 m2 pour poser votre cube sur leur toit. Comment se fait l'adduction des énergies ? Et pour les sanitaires, ça se passe comment ? Bref les bonnes questions prosaïques... Et là plus rien, aucune info sur l'opérationnalité effective au-delà du rêve ! Je commence à douter. Si bien que le projet s'avère au final d'autant plus déceptif qu'il offre, par les photographies, une illusion de faisabilité. En écumant les forums, je découvre ces quelques lignes meutrières d'un certain MasterLudo, casseur de rêve mais les pieds sur terre.

Ca doit coûter un max en charges (dernier étage), le panorama risque d'être pourri (antennes, cheminées, locaux techniques) dans les centre ville plutôt bureaux, vivre au dernier étage semble être idillyque pour la terasse (je cherchais une logia à un moment donné) mais finalement passé 4/5 étages le vent prends le dessus et rends la terasse quasi inutilisable la plupart de l'année (sauf veranda), les toits sont moches, en bitume ou autre, etc etc etc.
L'idée semble géniale, après dans les faits si le toit n'est pas prévu pour ça ce sera même galère à raccorder (eau, électricité, chauffage, etc).

11.3.07

La Méduse - Scratchophone v 0.4





Découvert par hasard, le site scratchophonic.com réfère à une coopérative de facteurs d'instruments et d'artistes associés sous le mystérieux nom de "La Méduse", en vue de créer de nouveaux prototypes d'instruments. Dont ce spectaculaire scratchophone, version 0.4 (il faut voir les versions initiales sur le site - cliquer sur le titre et suivez le lien) particulièrement réussi parce que l'instrument ressemble à une petite percussion de type bongo qui se porte en bandoulière. Mais ce n'est rien moins qu'une platine vinyle portative, montée sur une caisse de résonance métallique, dotée d'un régulateur de vitesse et d'un système d'amplification-diffusion, et permettant de scratcher directement en tout lieu, voire de jammer sans déparer au sein d'un combo acoustique.

6.12.06

Lucy McRae - Skin Probe & Frisson

La recherche en textile et habillement futuriste - chez Philips design - donne un sérieux coup de vieux aux robes en plaques métalliques de Paco Rabanne ; notamment avec les créations de Lucy McRae, dont le travail s'enrichit des apports de stylistes, ingénieurs en textile, modélistes électroniques.
Selon elle, la technologie devra être plus qu'intelligente : elle devrait être sensitive, c'est-à-dire capable de livrer des feedbacks psycho-sensoriels (via des messages subliminaux) et des stimuli indirects tels que le toucher ou la sensation. Aussi voit-elle la peau comme une merveilleuse enveloppe sensorielle : un réseau électronique, une barrière protectrice, un régulateur de température, dont la technologie peut exploiter et mettre en lumière les interactions avec l'environnement.
D'où ces justaucorps de vers luisants, textiles scintillants, fées clochettes illuminées de mille feux, surfaces sensitives et changeantes selon les influences ambiantes : une pure merveille vestimentaire qui n'a pas besoin de stromboscope pour chatoyer dans l'ombre du dancefloor !





Lucy McRae is a "Body Architect." Her work explores the intertwining of fashion, architecture and the human body. She's currently focusing on the body's reaction to and interaction with its environment at Philips Design in Eindhoven.

Her research is part of a programme that works 15 years ahead and identifies trends before they hit the mainstream.

Her latest project, SKIN Probe investigates the human skin, and how body products should be designed – be they garments, electronics or furniture. She developed it with a team made of people coming from different disciplines: a fashion designer, a textile engineer, a garment technologist, etc.

She listed a few phenomenons relevant to her research:
- Textile automation (clothing tailored just for you while you wait; DNA in your shoes);
- Health/Wellness (the need to relax for a society that passed from 5 working days per week to 7 thanks to glorious gadgets such as the Blackberry);
- Information overload (techno clutter still in search of the magical charger);
- miniaturizing and sensing;
- etc.

In her view, technology should be much more than just intelligent: it should be sensitive, thus able to give psycho-sensorial feedbacks (a subliminal message) and indirect response (touch and feel). She sees skin as a wonderful sensor: it's an electronic network, a protection barrier, a temperature regulator, etc.

McRae also mentionned a EU project she's currently working on. It's called Stella and deals with stretcheable electronics, the advent of nano-scale sensors and how a combination of these two could allow our senses to become some kind of jewelry or a tattoo....