17.11.06

Art Brut #4 - Damian Michaels




Les dessins de Damian Michaels sont actuellement exposés à la Halle Saint-Pierre à Paris, dans le cadre de l'exposition "Australian Outsiders", qui présente au public français une sélection de pièces provenant d'artistes contemporains, inscrits eux-aussi dans ce courant dit d'art brut, qu'on appelle "raw art" ou 'outsider art", dans le monde anglo-saxon ; où l'éligibilité des oeuvres et notamment des artistes au titre de ce courant ne suit pas strictement l'ensemble drastique de critères imposés il y a plus de 50 ans par Jean Dubuffet. Ce qui est le cas de Damian Michaels, relativement bien inséré dans un milieu artistique et créatif, loin de la "folie" d'une Aloise ou d'un Adolf Wolfli. Damian Michaels réside à Melbourne, en Australie, où il partage son temps entre sa vie professionnelle, ses activités d'agent artistique, de créateur, d'animateur et éditeur d'un magazine consacré à l'art visionnaire (Art Visionnary). Il n'en est pas moins porteur d'une expérience mystique qui a bouleversé sa vie et d'une approche obsessionnelle du dessin.

Damian Michaels est né en 1969 à Petersburg (Etats-Unis) où il connaît une enfance nomade rythmée par les déménagements dans les différents états du pays causés par la profession de son père, concepteur de logiciels pour des avions militaires. Dans les années 1970, sa famille s'installe enfin dans la baie de San Francisco. En 1977, il est marqué par la mort de sa cousine et par une expérience troublante où il lui semble être transporté hors de son corps et où un flash lui révèle ce que sera sa vie future.

À l'âge de 18 ans, il exerce différents métiers (agent de sécurité, magasinier, employé de bureau) pour s'assumer financièrement. C'est à cette époque qu'il commence à dessiner de manière obsessionnelle et automatique. Il émigre définitivement en Australie en 1994 où il se marie. Il expose ses œuvres pour la première fois en 1993, grâce aux encouragements de son ami, artiste lui aussi, Robert Schick. L'univers qu'il dessine, principalement la nuit, est visionnaire, symbolique et religieux. Cette ferveur mystique est servie par différentes techniques : encre de Chine, peinture, crayon, stylo, avec une étonnante précision du trait et beaucoup d'attention portée aux détails. Ces images, qu'il dit recevoir des forces occultes dont il se fait l'interprète, nous emportent dans un monde où se côtoient le visible et l'invisible et nous confrontent aux forces cachées qui nous régissent.

Son esthétique emprunte la vivacité des couleurs, les formes ondulantes, le jeu hallucinatoire et les coulures des dessins psychédéliques illustrant les affiches de concerts du Fillmore à San Francisco (notamment mes préférés Victor Moscoso et Wes Wilson). Mais cet envahissement de ramifications pareilles aux branches d'une terrifiante forêt lovecraftienne, ces visages comme couverts de motifs shamaniques, aborigènes en partance pour l'ère du rêve ? Quelle merveille ! !

1 commentaire:

Animula Vagula a dit…

J'ai parlé de cette expo dans mon petit blogounet;
si le coeur vous en dit jetez donc un oeil à http://animulavagula.hautetfort.com/archive/2006/09/21/australian-outsiders.html
vous y trouverez plein d'autres choses sur l'art brut car j'en explore "les rives et les dérives depuis plus d'un an.
A bientôt j'espère
Votre ani