9.12.07

The Girls from Bahia - Revolucion con Brasilia !


Merveilleuse pochette d'un autre temps, jouant à la fois sur les signes du réalisme socialiste et sur l'image de 4 jeunes filles dans le vent, coupe au bol et robe de collégienne : The Girls from Bahia. Sous ce nom à connotation easy-listening, c'est l'ensemble vocal brésilien Quarteto Em Cy (soit 4 sœurs : Cyva, Cybele, Cynara et Cylene - d'où leur nom de Quartette en Cy) qui tente sa chance aux States en 1967. Les belles sortent ce second disque aux codes audacieux, toujours chez Warner, en 1968 ; soit la meilleure année pour lancer un pavé provocateur aux couleurs de la révolution libertaire. Elles auront eu beau faire briller de belles compositions de Buarque, de Vinicius de Moraes, chanter en anglais, adapter à la manière samba des standards tels que In the mood, Sunny Side of the Street ou Manhattan. Peine perdue, l'essai ne sera pas concluant. Notre ami Zecalouro, du blog Loronix (voir ci-dessous), impute en partie cet échec au titre en espagnol. Et aussi probablement à une imagerie de révolution cubaine, plutôt mal vue. Mélange des genres, des pays... Il faut savoir que l'inculture nord-américaine de l'époque est crasse. Oscar Peterson interprète en 1966, pour son premier LP, plusieurs grands classiques brésiliens : Mercury n'hésitera pas à nommer l'album... "Soul Espanol" ! Mais bon, passons.
Comment ne pas être sensible aux délicieuses vocalises de ce quatuor. Leur version du classique Reza (Laia Ladaia) est un joyau, de même que le célèbre Dindi. Sans parler du quasi liturgique Morrer de amor. En définitive, fournir ces perles, le chant des sirènes, aux oreilles étatsuniennes 7 ans après la baie des Cochons, c'est encore du "margaritas ante porcos".
Régalez-vous donc auprès de Loronix avec The Girls from Bahia.

Titres / Tracks include:

01 - Berimbau (Baden Powell / Vinicius de Moraes / Version Gilbert)
02 - Tem Mais Samba (Chico Buarque)
03 - Edmundo (In The Mood) (Garland)
04 - Laia Ladaia (Reza) (Edu Lobo / Ruy Guerra / Version Norman Gimbel)
05 - I Live To Love You (Morrer de Amor) (Oscar Castro Neves / Luvercy Fiorini / Version Gilbert)
06 - The Sunny Side Of The Street (Fields / McHugh)
07 - Road To Nowhere (Blanco / Oliveira)
08 - The Old Piano Roll Blues (Coben)
09 - The Day It Rained (Ferreira / Camargo / Vrs. Gilbert)
10 - E Nada Mais (Durval Ferreira / Luis Fernando Freire)
11 - Manhattan (Rodgers / Hart)
12 - Dindi (Tom Jobim / Aloysio de Oliveira / Version Gilbert)
13 - Parade (A Banda) (Chico Buarque / Version B. Russell)

Straightforward, The LP The Girls from Bahia - Revolucion con Brasilia (1968) is a Quarteto em Cy LP. Quarteto em Cy adopted this name when the girls moved to US in 1967. Perhaps this strategy has failed since they have recorded in US by Warner just this LP. During their stay, Quarteto em Cy changed their repertoire to American standards versions and adapted English lyrics of Antonio Carlos Jobim and other major Brazilian composers.

After this international experience - probably very badly produced since the Spanish title was a big error - Cynara and Cybele left the group. This is a very curious and hard to find release. From Loronix

1 commentaire:

Bannister a dit…

Voila un de mes groupes vocaux préférés que je découvris il y a 20 ans dans le vieux quartier levantin de Galata à Istanbul en m'arrêtant pour récupérer - j'étais dans une situation difficile - sous une fenêtre entrouverte d'où cette divine musique sourdait.

Divine fut aussi la jeune fille danoise, locataire de l'appartement musical et lectrice à l'université du Bosphore que je visitais le lendemain, rasé de près, et qui m'offrit du thé, consentant à me faire écouter entièrement le LP sublime - Antologia do samba Cançao Vol. 2 - puis, les minutes passant, à mettre en œuvre des moyens de consolation plus courants de l'autre coté du Bosphore.

Est-il utile de dire quelle fut la saveur des beureks frais, que j'avais pris soin d'apporter, trempés dans le thé rouge à la fin de la seconde face?

Enfin, 20 ans après, le charme opère toujours puisque je suis parvenu à faire croire à mon beau-frère, pourtant scientifique renommé, mais après une dizaine de punchs et la pose d'un casque sur les oreilles, que ces voix étaient celles de houris et qu'il s'agissait d'un avant-goût de cet autre monde qui s'il ne vaut pas forcément la peine que nous quittions celui dans lequel nous nous agitons par, par exemple, le travers stupide d'une explosion, ne nous fera pas regretter grand-chose.

Quand à Zeca, il a toujours la main heureuse.