10.12.06

Les McCann - Invitation to openness


Les notes de pochette de cet album citent en premier lieu - au titre des influences - le courant cosmique qui traverse le jazz des années 70, et notamment les oeuvres de Pharoah Sanders, Sun Ra, ou encore Lonnie Liston Smith. J'avoue pour ma part trouver plus de similtudes avec Bitches Brew, le jalon que Miles Davis pose en 1969. Car Invitation suit la piste instinctive de Miles qui va se frotter à la pulsation sexuelle du funk et aux polyphonies de la rue. Souvenons-nous que le mot funk est un mot argotique noir-américain décrivant l'odeur dégagée par les corps au cours de l'acte sexuel : entre odeur de sexe... et Brassage de putes (Bitches Brew), on est plus dans la sensualité sauvage et dans la séduction du macadam que dans la méditation astrale. McCann raconte sans détour que le début lancinant et oriental du long morceau "The lovers" lui évoquait le Bolero et donc des préliminaires sexuels : "C'est une histoire de baise, mais comme on ne peut pas l'appeler "Fucking" appelons-la "The lovers." explique-t-il. Le spirituel et le sacré sont comme le profane et le charnel pour Les McCann ; c'est ce qui me plaît dans ce disque profond, organique, et qui ne se la pète pas de références ésotériques. Ramenons donc Invitation to openness à l'état d'esprit sensualiste qui présidait à cette session toutes lumières éteintes : une impro jazz funk, fusionnelle, dont les 3 morceaux de l'album atteignent au total plus d'une heure. En extrait dans ce billet le fameux "The lovers" (26'), qui débute en douceur sous les tapotements lunaires de piano électrique de McCann, quelques bribes de harpe de Corky Hale par-ci, William "Buck" Clarke parsème par-là des touches de percussions de sassafras. On est encore dans quelque chose qui peut ressembler à Astral travelling ou à Journey in Satchidananda. 4 minutes sont déjà passées, les frémissements des percussions et de la guitare s'amplifient. Bernard Purdie imprime un tempo plus soutenu à ses cymbales ; et puis le rythme s'installe au moment où le hautbois de Yusef Lateef déploie son arabesque sinueuse ... Je vous laisse écouter la suite.

Personnel: Les McCann- piano, electric piano, Moog synth; Corky Hale- harp; Yusef Lateef- flute, oboe, sax, percussion; David Spinozza, Cornell Dupree- guitars; Jimmy Rowser, Bill Salter- bass; Buck Clarke, William Clarke, Donald Dean, Alphonze Mouzon, Bernard Purdie- percussion, drums

Over 25 albums deep into his recording catalogue, “Invitation” stands as McCann’s magnum opus, highlighted by the jaw-droppingly brilliant, 26-minute, side-long jam, “The Lovers”, filled with lots of breaks, grooves, and time changes - and played by a hip ensemble that includes Yusef Lateef, Cornell Dupree, Bernard Purdie, and Alphonze Mouzon. A baker’s dozen dream team (including five drummers/percussionists, two electric guitarists and a harpist) gathered in Atlantic Records studios in Manhattan one day back in 1971 to breath life into McCann’s dream. Comparing the final result to “The Bolero,” McCann originally wanted to call it “Phucking,” but settled for the label’s compromise. Like a first-rate film director guiding his actors through improvisational scenes and whose presence is invisible to the viewer, McCann told producer Joel Dorn to “get these guys in the room, kill the light, then I come in and start playing and we’ll see what happens.” Bassist Jimmy Rowser said, “there was no prewritten music, no tunes, no rehearsals. We just showed up and started playing.”Wild electric work from Les -- and a real break from his work of the 60s! Side one of the album features a 26 minute fusion jam called "The Lovers".

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Where is the link?

Martian Shaker a dit…

Where is the link, PLEASE ?

jfd a dit…

Hi,

PLEASE can you post the other 2 tracks from this amazing album PLEASE

thanks for all the music, atb /j/