En picorant dans les innombrables collages de FlickR, on peut découvrir les oeuvres prolifiques d'un papy assez extraordinaire, ex prof de musique retraité, devenu sur le tard photographe, illustrateur et collagiste...(inégal, il faut l'avouer : cette sélection ayant été faite sur le passage en revue de près d'une centaine de collages, dont certains un peu faciles).
Ses emprunts à l'iconographie classique ou religieuse, mêlés à des images animalières, des figures plus abstraites, ou issues d'un panthéon polythéiste plus ancien, forment une imagerie trouble, qui m'évoque (pour certains) les Mystères, ces cultes initiatiques antiques et secrets. Autre chose qui séduit dans le travail de Nkimadams : l'art avec lequel il exploite la magnificence des couleurs de la peinture classique et les contrastes de lumière.
An old man with time to read and think. A retired music teacher with 36 years spent in the public schools. A pianist who still plays all of Bach, Haydn, Mozart, Beethoven, Schubert, and Schumann. A poet, a writer of prose, a Jungian who still reads Freud, an admirer of Thoreau and Twain. Most of my internet writing is on the life and works of Edgar Rice Burroughs.
I come from a family of artists but only began doing my own graphic work in 1995 six years before my retirement. I studied pen and ink drawing for 6 years, then did a couple of years of watercolors, then since 2003 have been bitten by the big bad collage bug. Flickr kind of keeps me going -- all the nice comments from interested and interesting artists. I basically developed my own style that I think is recognizable as art by nkimadams.
Oh, I'm from Minnesota, USA but born raised out in the wilds of Minot, North Dakota.
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6.10.08
9.1.08
Maurice Tranchant de Lunel (1869-1944) - Aquarelles
Je nourris une véritable fascination pour les artistes aventuriers (peut-être est-ce que je ne suis ni l'un ni l'autre), ceux dont la vie s'incarne à la fois dans le verbe et l'action, dans la liberté pure de la praxis et le savoir-faire de la poiesis. Sur ces personnages hors du commun rayonne la figure tutélaire et mythique de Rimbaud, débarquant à Marseille, gangrené de sa vie de contrebandier abyssin. Et comme tout a été dit des plus célèbres créateurs expéditionnaires, Martian Shaker préfère révéler quelques talents plus obscurs : l'intrépide Carlo Mollino, sur les pas de son aîné italien D'Annunzio ; Isabelle Eberhardt, sillonnant l'Afrique du Nord déguisée en bédouin ; l'infatigable chroniqueur des Indes Vitold de Golish, ou le peintre orientaliste Jean-Léon Gérôme...
Toujours en matière d'orientalisme, il faut faire une place aux aquarelles marocaines de Maurice Tranchant de Lunel, diamants de la même eau que celles de Delacroix, et complètement méconnues ; comme le bonhomme, du reste, personnage haut en couleurs, architecte de formation, artiste peintre, ami de Cocteau, écrivain, aventurier, opiomane et homosexuel, pour faire bonne mesure de scandale.

"Edmond Maurice Tranchant est fils d’un chercheur d’or parti aux Etats-Unis. Il a décidé de rajouter « de Lunel » a son patronyme en vue de se distinguer des autres «Tranchant». Adolescent, il rentre au collège de Eaton puis à Oxford. Il devient l’ami de Rudyard Kipling. En février 1888, il est admis à l’Ecole des Beaux-Arts à Paris, section architecture. Il est l’élève de Eugène Georges Debrie (1856, Paris-diplomé en 1881).

En 1896, il rentre à l’Académie Jullian. Il devient ensuite peintre aquarelliste. Entre 1898 et 1899, il voyage au Sénégal et en Guinée. Il participe à la décoration du pavillon du Sénégal à l’exposition coloniale et universelle de Paris en 1900. Entre 1900 et 1905, il est architecte à Nice. (...). C’est un grand voyageur. Il visite la Perse. Il fait aussi le tour de la Méditerranée sur le Yacht, Le Saint Alma. En 1902, il est à Fès, au Maroc. En 1908, il séjourne encore une fois dans l’empire Chérifien. Il se rend à Tanger, puis à Fès et dans la Chaouïa. Cette même année, il est invité par le sultan Abd-el-Aziz à rester auprès de lui à Rabat. Par une lettre du 26 octobre 1909, il demande une mission gratuite au Ministère de l’Instruction Publique et des Beaux-Arts afin d’y faire des recherches sur l’histoire de l’art aux Indes anglaises, en Birmanie, au Siam, en Indochine et en Chine.


En novembre 1909, le ministère des colonies lui accorde une mission gratuite pour voyager en Indochine, plus précisément à Angkor et au Tonkin. Il s’y rend en mars 1910 après avoir passé janvier 1910 aux Indes et février 1910 en Birmanie .. L’année suivante il est de nouveau au Maroc, à Fès. Après la signature du Protectorat, il voit la capitale chérifienne en révolte. Une grande partie du Mellah est détruit. Le 21 mai 1912, il rencontre le Général Lyautey, tout juste investi de sa charge de Commissaire résident général du Maroc."

Maison de convalescence de Salé, peinte par Tranchant de Lunel, 1913
En 1914, Lyautey est à l’origine des lois générales de classement et de protection de la cité médiévale de Fès. Il va sauvegarder la ville impériale, en laissant intacte l’architecture des maisons, des fontaines, des medersas, des foundouks. Cette tâche est réservée à Joseph de la Nuzière, et notamment à l'ami «intime» de Lyautey, Tranchant de Lunel. Ce dernier fut nommé surintendant aux Beaux-Arts et aux Monuments historiques, charge qu'il assumera de 1912 à 1924, restaurant de nombreux monuments, tels que la porte de la Kasbah des Oudaya, qui était restée longtemps murée et servait de prison (Rabat, 1916).

"En 1920, le général Gouraud réclame la présence de Tranchant auprès de lui en Syrie afin de mettre sur pied un inventaire des Monuments historiques syriens et libanais identique à celui du Maroc . En juin 1921, il fait partie de la commission de l’exposition économique de Damas. Il est de retour au Maroc en septembre 1921. Il réside au pays chérifien jusqu’en 1923. A cette date, il écrit et fait publier l’ouvrage "Maroc, au pays du paradoxe" afin de se justifier de son action au sein du service des Beaux-Arts au Maroc."
L'ouvrage est préfacé par Claude Farrère, fils de militaire colonial, lui-même officier de marine, écrivain, dont un recueil de nouvelles intitulé Fumée d'Opium, est tout entier consacré aux affres et délices de la boulette grillée. Entre la fin du XIXème et jusqu'en 1914, s'introduit en Europe, par les marins et les voyageurs, le goût de cette drogue d'Extrême-Orient. Tranchant aurait installé en France, dans sa demeure familiale, un décor orientaliste (à la manière de Pierre Loti) et une fumerie d'opium.
"C'est Claude Farrère également qui publie en 1922 dans Les hommes nouveaux, l’histoire romancée de Maurice Tranchant de Lunel, en lui attribuant le pseudonyme de Tolly L’artiste signe souvent ses aquarelles du nom d’emprunt «talby», qui veut dire l’étudiant en arabe.(...)

"De retour en France, Maurice Tranchant de Lunel installe son atelier de peinture sur une péniche en bord de Seine. De l’ensemble de ces voyages, l’artiste a peint environ cent cinquante aquarelles d’une facture remarquable. Elles sont souvent comparées aux peintures de Delacroix. Il doit être classé parmi les derniers peintres orientalistes du vingtième siècle."
Toujours en matière d'orientalisme, il faut faire une place aux aquarelles marocaines de Maurice Tranchant de Lunel, diamants de la même eau que celles de Delacroix, et complètement méconnues ; comme le bonhomme, du reste, personnage haut en couleurs, architecte de formation, artiste peintre, ami de Cocteau, écrivain, aventurier, opiomane et homosexuel, pour faire bonne mesure de scandale.
"Edmond Maurice Tranchant est fils d’un chercheur d’or parti aux Etats-Unis. Il a décidé de rajouter « de Lunel » a son patronyme en vue de se distinguer des autres «Tranchant». Adolescent, il rentre au collège de Eaton puis à Oxford. Il devient l’ami de Rudyard Kipling. En février 1888, il est admis à l’Ecole des Beaux-Arts à Paris, section architecture. Il est l’élève de Eugène Georges Debrie (1856, Paris-diplomé en 1881).

En 1896, il rentre à l’Académie Jullian. Il devient ensuite peintre aquarelliste. Entre 1898 et 1899, il voyage au Sénégal et en Guinée. Il participe à la décoration du pavillon du Sénégal à l’exposition coloniale et universelle de Paris en 1900. Entre 1900 et 1905, il est architecte à Nice. (...). C’est un grand voyageur. Il visite la Perse. Il fait aussi le tour de la Méditerranée sur le Yacht, Le Saint Alma. En 1902, il est à Fès, au Maroc. En 1908, il séjourne encore une fois dans l’empire Chérifien. Il se rend à Tanger, puis à Fès et dans la Chaouïa. Cette même année, il est invité par le sultan Abd-el-Aziz à rester auprès de lui à Rabat. Par une lettre du 26 octobre 1909, il demande une mission gratuite au Ministère de l’Instruction Publique et des Beaux-Arts afin d’y faire des recherches sur l’histoire de l’art aux Indes anglaises, en Birmanie, au Siam, en Indochine et en Chine.


En novembre 1909, le ministère des colonies lui accorde une mission gratuite pour voyager en Indochine, plus précisément à Angkor et au Tonkin. Il s’y rend en mars 1910 après avoir passé janvier 1910 aux Indes et février 1910 en Birmanie .. L’année suivante il est de nouveau au Maroc, à Fès. Après la signature du Protectorat, il voit la capitale chérifienne en révolte. Une grande partie du Mellah est détruit. Le 21 mai 1912, il rencontre le Général Lyautey, tout juste investi de sa charge de Commissaire résident général du Maroc."

Maison de convalescence de Salé, peinte par Tranchant de Lunel, 1913En 1914, Lyautey est à l’origine des lois générales de classement et de protection de la cité médiévale de Fès. Il va sauvegarder la ville impériale, en laissant intacte l’architecture des maisons, des fontaines, des medersas, des foundouks. Cette tâche est réservée à Joseph de la Nuzière, et notamment à l'ami «intime» de Lyautey, Tranchant de Lunel. Ce dernier fut nommé surintendant aux Beaux-Arts et aux Monuments historiques, charge qu'il assumera de 1912 à 1924, restaurant de nombreux monuments, tels que la porte de la Kasbah des Oudaya, qui était restée longtemps murée et servait de prison (Rabat, 1916).

"En 1920, le général Gouraud réclame la présence de Tranchant auprès de lui en Syrie afin de mettre sur pied un inventaire des Monuments historiques syriens et libanais identique à celui du Maroc . En juin 1921, il fait partie de la commission de l’exposition économique de Damas. Il est de retour au Maroc en septembre 1921. Il réside au pays chérifien jusqu’en 1923. A cette date, il écrit et fait publier l’ouvrage "Maroc, au pays du paradoxe" afin de se justifier de son action au sein du service des Beaux-Arts au Maroc."
L'ouvrage est préfacé par Claude Farrère, fils de militaire colonial, lui-même officier de marine, écrivain, dont un recueil de nouvelles intitulé Fumée d'Opium, est tout entier consacré aux affres et délices de la boulette grillée. Entre la fin du XIXème et jusqu'en 1914, s'introduit en Europe, par les marins et les voyageurs, le goût de cette drogue d'Extrême-Orient. Tranchant aurait installé en France, dans sa demeure familiale, un décor orientaliste (à la manière de Pierre Loti) et une fumerie d'opium.
"C'est Claude Farrère également qui publie en 1922 dans Les hommes nouveaux, l’histoire romancée de Maurice Tranchant de Lunel, en lui attribuant le pseudonyme de Tolly L’artiste signe souvent ses aquarelles du nom d’emprunt «talby», qui veut dire l’étudiant en arabe.(...)

"De retour en France, Maurice Tranchant de Lunel installe son atelier de peinture sur une péniche en bord de Seine. De l’ensemble de ces voyages, l’artiste a peint environ cent cinquante aquarelles d’une facture remarquable. Elles sont souvent comparées aux peintures de Delacroix. Il doit être classé parmi les derniers peintres orientalistes du vingtième siècle."
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11.4.07
Stefan Zechowski





En évoquant les nombreux artistes inspirés par Pierre Molinier ou proches dans une recherche de perfection érotique, il y a de ça quelques posts, je ne citais personne. Or j'ai par ailleurs reçu en cadeau un ouvrage sur l'érotisme dans l'art polonais. Je tombe sur les dessins de Stefan Zechowski ; alors, je ne sais pas pour vous mais moi, j'y trouve de subtiles correspondances avec Molinier. Quelque chose dans le jeu de crayon, selon la technique du clair-obscur, qui rappelle la mise en lumière du nu dans la peinture de Molinier ; ou encore l'exaltation du corps féminin tous membres épanouis, mais ça s'arrête là. Car l'érotisme de Zechowski, romantique et un brin naïf, ne chasse pas sur les mêmes terres (extrêmes) que Molinier ; comme le faisait en son temps Carlo Mollino (voir la catégorie photographie), ou aujourd'hui des photographes tels que Gilles Berquet et plus lointainement Joel Peter Witkin. En extrait un court texte de l'ouvrage en question (cliquer pour agrandir), rédigé par Andrzej Banach, au sujet de cet artiste polonais, né en 1912 et mort en 1984.
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7.3.07
Kent Henricksen - créations



Indéniablement étranges, surréalistes et d'une grande force évocatoire, les tapisseries de Kent Henricksen, ses motifs brodés notamment sur d'authentiques pièces de toile de Jouy, soudain contaminées par ces personnages encagoulés, corde-au-cou ; mais pourquoi cela est-il si fascinant ? Je rejoins l'interprétation qu'on trouve dans le site de We-make-money-not-art et que je reproduis ci-dessous en anglais. Henricksen joue avec des figures magiques ou secrètes. Il y a dans le personnage encagoulé une symbolique qui traverse l'histoire, à la fois éminemment moderne (les attaques de voleurs encagoulés au collant, le GIGN, les Cagoulards du Comité secret d'action révolutionnaire" (CSAR), le ku-klux-klan) et d'inspiration médiévale (le fantôme recouvert de drap blanc, le bourreau encagoulé, les ordres religieux secrets, etc.). D'où un effet à la fois anachronique et pas tant que ça, en même temps saisissant, comme si ces personnages (terroristes, gangsters, condamnés d'une autre époque ?), venaient troubler la paix de cette univers compassé de bonbonnière bourgeoise.
Kent Henricksen embroids seemingly innocent bourgeois sceneries with gruesome images as hoods, masks, ghosts and ropes.
The hooded figure is a universal symbol appearing in religious icnography and folklore in almost all cultures across many time periods. Our contemporary associations are strong reminders of this symbol's continued relevance. Contemporary personal associations can range anywhere from the parochial Dunce Cap to the photos of hooded Iraqi prisoners in the recent Abu Ghraib prison scandal to the racial hatred and venom embodied by the Ku Klux Klan." Via We-make-money-not-art
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3.3.07
Pascin - Exposition
Nous avons parlé de Pascin via le beau petit livre de Stéphane Lévy-Kuentz. Allez voir l'exposition à Paris, avec plus de 150 des oeuvres du peintre.
"Pascin (1885-1930)". Fondation Dina Vierny, Musée Maillol, 59-61, rue de Grenelle, Paris-7e. Mo Rue-du- Bac. Tél. : 01-42-22-59-58. Du mercredi au lundi, de 11 heures à 18 heures. 8 €. Jusqu'au 4 juin.
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28.1.07
Filip Andreevitch Maliavine - Paysanne (1903)
J'ai un regret au sujet de l'exposition sur L'art russe, présentée au Musée d'Orsay à Paris fin 2005, et que j'ai ratée (vous me voyez venir), c'est de n'avoir pu contempler en grandeur nature (1m 15 sur 2m 06 de hauteur) ce tableau saisissant de Filip A. Maliavine. Un magazine dédié à l'art ne s'y est pas trompé, faisant figurer cette toile en 1ère de couverture de son numéro consacré à l'événement, - et par quoi j'ai été capturé dès le premier regard, arraché au temps et transporté par magie dans la tourmente rougeoyante de cette scène paysanne du début du XXème siècle.
Dans le catalogue du musée, le bonhomme Maliavine est peu évoqué par les exégètes, la bio est succinte et on peut lire p.45 trois lignes qui le caractérisent sans aménité : "...Filip A. Maliavine, célèbre pour sa Rafale (1905, Moscou, Galerie Tretiakov) et ses portraits de "filles" insolemment voyants et tape-à-l'oeil"; suit la citation de ce tableau. On peut constater le peu d'intérêt du curateur pour la pièce en question : la fille étant plus précisément une "paysanne" ; et l'insolence du "voyant" et du "tape-à-l'oeil" apparaît comme un jugement de valeur négatif puisqu'on peut aussi y voir un signe de belle santé esthétique. On l'aura compris, chez Martian Shaker, "tape-à-l'oeil", tape-à-l'âme, sans conteste, c'est là que gît la beauté.
Chez le Maliavine de cette époque, peintre ambulant qu'il était - à la recherche des scènes populaires et symboliques du folklore russe - comme on peut le voir dans le tableau "Paysanne dansant" (ci-dessous), le fond et le sujet s'entremêlent dans une osmose toute baroque. Soit le baroque tel que le définit le théoricien d'art Heinrich Wôlfflin c'est-à-dire privilégiant l'enchaînement des masses, l'indivisibilité des composantes de la scène et l'instantanéité de la saisie visuelle. Mais un baroque slave, sur fond rouge, une des couleurs traditionnelles, exalté ici dans la vue en contre-plongée qui magnifie la femme ; un baroque fusionnel où les motifs de pavots de sa grande robe de style tsigane se fondent de façon imprécise dans le paysage rouge et noir. Revenons aux tsiganes : en 1861, le servage est aboli en Russie, tous les Tsiganes sont libres - et la femme du tableau dessous, à peau mate et boucle d'oreille semble aussi de type tsigane. Mais notre toile est autrement plus poignante : le ciel flamboyant est celui d'un orage qui s'annonce, la révolution de 1905 est peut-être déjà dans l'air. Alors comment interpréter le geste qui participe à l'étrangeté saisissante de ce tableau ? Une main sur la tête, l'autre sur la bouche, est-elle horrifiée par une vision ? non : les yeux ne sont pas écarquillés. Cela ressemblerait plus à un geste familier, rituel ; est-elle en train d'esquisser un pas de danse, elle aussi, ou entamer une de ces vieilles et merveilleuses chansons russes dont les tziganes ont le secret ?

Maliavin was born in 1869 in Kazanka (Samara province, today's Orenburg) and he died in 1940 in Nice. From 1885 to 1891 he was painting icons in the monastery of Saint Pantelejmon on Mount Athos, from 1892 to 1899 he studied painting with Ilija E. Repin at the academy in Saint Petersburg. The portraits of his fellow students Igor Grabar, Elisaveta Martinovna and Konstantin Andreievich Somov date from this time. In 1895 Pavel Tretjakov bought his paintings Peasant Girl Knitting and A Girl with a Book for his gallery. Maliavin depicted motifs from Russian peasant life, peasant girls and old women. In 1900 he went to France. He lived in Paris where he exhibited Laughter at the World Exhibition and won the gold medal (the painting was bought by the Museo d'Arte Moderna in Venice in 1901).
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6.9.06
Jean-Léon Gérôme - Peintre orienté

Harem

Le marchand de tapis

Bashi-Bouzouk noir

La Grande Piscine de Bursa

Le bain
L'exposition parisienne actuelle sur Pierre Loti donne l'occasion de voir une toile de Jean-Léon Gérôme (1824-1904), par ailleurs considéré comme un peintre de commande, livrant de belles scènes dans un style académique, réaliste et grandiloquent, mais sans véritable innovation sur le plan pictural. Il est vrai que Gérôme, embourgeoisé et au fait de sa notoriété dans les années 1860 s'assied un peu sur ses lauriers académiques au lieu de rester ouvert au fourmillement des idées nouvelles. Vieillissant dans les années 1890, il reste arc-bouté à des codes esthétiques classiques, qu'il maîtrise avec virtuosité. Et puis il y a eu cette grosse erreur de jugement, que l'histoire de l'art ne lui a pas pardonnée : il est resté imperméable au talent dans les toiles de Courbet, Manet, Caillebotte, Pissaro. Son attitude réactionnaire vis-à-vis de l'impressionnisme et de la révolution subjective qu'apporte le regard de ses peintres, lui vaudra une large baisse de popularité et un égal rejet de la part de la critique du XXème siècle. D'où l'oubli du bonhomme et de ses toiles, jugées complaisantes.
Je ne partage pas cet avis. Son talent est celui d'un ethnographe, d'un archéologue, d'un voyageur au pinceau photographique... pas d'un révolutionnaire de la peinture ; il n'a pas eu le pressentiment de la beauté des impressionnismes, soit. Après tout - aujourd'hui - combien de compositeurs sexagénaires nourrissent un secret mépris pour la techno ou l'électro ?.
Gérôme n'a cessé, dans sa première période, de sillonner les mondes arabes, de croquer des scènes de la vie courante, en Turquie, sur les bords du Danube (1854) et en Egypte (1857). Il a su à merveille restituer la lumière diffuse dans la pénombre des harems, les corps un peu gras des femmes au bain turc, les merveilleuses couleurs des tapis, des soieries et des étoffes, des carreaux et des zelliges de l'art oriental.

Gérome, whose father was a goldsmith, studied with J.-H. Delaroche. His historical and mythological compositions, such as “Pygmalion and Galatea” (Metropolitan Museum of Art, New York City), were anecdotal, painstaking, often melodramatic, and frequently erotic. The surfaces of his paintings were highly finished, and he was fascinated with technical virtuosity. He was a good draftsman in the tight linear style of Jean-Auguste-Dominique Ingres and an inventive illustrator in the manner of Delaroche. A trip to Egypt in 1856 introduced an exotic element into his painting—e.g., “Prayer in the Mosque of 'Amr, Old Cairo” (c. 1860; Metropolitan Museum of Art). During the last 25 years of his life he concentrated on sculpture. As a teacher at the École des Beaux-Arts, he counted among his many pupils Odilon Redon and the American artists Thomas Eakins and J. Alden Weir. A highly successful artist, Gérome exerted great influence in the Paris art world. He was exceedingly hostile to the Impressionists and, as late as 1893, urged the government to refuse a bequest of 65 of their works.
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30.7.06
28.7.06
Pascin
La mélancolique, 1909.
Hilda, 1927.
Couple insolite dans une salle d'attente, 1907-1908.J'aimerais recommander à tous les amateurs d'art et de l'Ecole de Paris le beau petit livre de Stephan Lévy-Kuentz sur Jules Pascin (1885/1930), artiste méconnu, doté d'un extraordinaire coup de crayon, mais peintre aussi, de la satire sociale, du désir et de la chair, du monde des prostituées qu'il fréquente assidûment dans les années 20. Pascin oscille sans cesse entre la virtuosité, la séduction, le paraître, un équilibre auquel il aspire désespérément et sa nature anxieuse, tourmentée, insatisfaite, en proie au doute permanent sinon au désespoir. C'est sous l'angle d'une approche à la fois biographique et poétique du tourment que Lévy-Kuentz a choisi d'axer son essai. C'est une réussite, Pascin vit sous nos yeux son entrée dans la cour des peintres parisiens du début du XXème siècle. Voici le premier paragraphe de l'essai, la figure altière de Pascin débarque à la Gare de l'Est et c'est déjà un poème :
Stephan Lévy-Kuentz, Pascin et le tourment, Les Essais, Editions La Différence, 2001, 114 pp. ; accessible ici
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22.7.06
Boleslas Biegas



Le poète symboliste belge, Émile Verhaeren, a écrit dans une lettre à Biegas : «Vous contemplez le monde avec naïveté et profondeur... vos œuvres plastiques sont des poèmes... Voilà pourquoi je vous aime, surtout dans votre lutte avec la réalité profonde et frissonnante que vous douez d'une intensité telle que l'âme humaine y apparaît comme chez les vrais maîtres. »
J'ai pour ma part une grande admiration pour Biegas, dont l'univers, fortement onirique, convoque des figures majestueuses au symbolisme très ancien. Ces châteaux scintillants formés de grands chevaliers aux couleurs de jeux de cartes, châteaux de cartes ?. Ces peupliers élancés dans une nuit piquetée de mystère ; ces têtes qui apparaissent sur les murailles, comme les chandeliers vivants dans l'oeuvre de Cocteau "La Belle et la Bête". La chair, le fer et la pierre ne font qu'un, trinité inquiétante de démons ? Biegas nous dévoile une face primitive et mystique de la psyché humaine.
"Boleslas Biegas (1877-1954) était un artiste polonais installé en France durant la première moitité du XXème siècle. Il fut aussi sculpteur, peintre et auteur dramatique. Salué par Aleksander Swietochowski comme un nouveau Giotto (comme lui il fut berger), il accomplit des études grâce à la générosité de ses mécènes, mais son individualisme d'avant-garde provoqua son renvoi de l'Académie des Beaux-Arts de Cracovie. Lié d'abord avec la Sécession viennoise, il s'installa en 1902 à Paris où il vécut jusqu'à sa mort en 1954. Son primitivisme et son géométrisme annoncent le cubisme et le surréalisme, mais ses meilleurs œuvres appartiennent au symbolisme."
Extrait d'un colloque donné par Krzysztof Jezewski à la Bibliothéque polonaise de Paris, le 25 octobre 1999
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