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17.2.08

Art brut #7 - Bogosav Zivkovic

Ce portier serbe, fils de paysans, né en 1920, décédé il y a 3 ans, s'inscrit pleinement parmi les artisans des arts et traditions populaires. Ce qui le rattache aux créateurs d'art brut, c'est la dimension fantasmatique et obsessionnelle de sa production.



L'homme est habité par un cauchemar obsédant, dont il cherche à se débarrasser par son travail sur le bois. La pièce ci-dessus est un tronc historié, qui rappelle les gravures et retables médiévaux ou encore les superbes bas-reliefs byzantins gravés sur bois.


Bogosav Zivkovic travaille dans la verticalité du bois, liant les unes aux autres, dans un superbe mouvement organique, les créatures et entités qui hantent son esprit.



He was born in the village of Leskovac in 1920. He's been doing sculpture since 1957.
Bogosav hovers around one primordial image in all his work. That's an indestructible chain of life in which things and creatures appear and disappear, give birth to one another and devour… The world is a whole - creatures and things are just the expressive forms of that omnifarious One…
(Oto Bihalji Merin in the catalogue from the exhibition of Bogosav Zivkovic´s works in the Gallery of Primitive Art in Zagreb in October 1962)


Using the technique of relief and azure engraving and through totemic composing he converts deep layers of his dreams and imagination into vertical compositions where every single figure is the beginning of the next one.



An accentuated narrative in the form of a frieze or a web of figures which wraps up a tree, as well as softly rounded lines of his forms, point to peculiar sensuality.
Like in Indian totems, Bogosav wraps his trees up with creatures known only to himself, created in the moment of uniting the artist's love for wood and his wish to breathe his own spirit into it…

1.5.07

Art Brut #6 - Martin Ramirez






"On ne sait presque rien de la vie de Martin Ramirez. La plupart des informations le concernant proviennent des notes du Dr Tarmo Pasto, qui l’a découvert dans les années quarante. Né au Mexique, en 1895, il émigre aux Etats-Unis dans l’espoir de trouver un emploi. Il est ouvrier dans une compagnie de construction de voies de chemin de fer, un emploi harassant qu’il supporte mal. Son physique et son état psychique se détériorent rapidement. Il sombre progressivement dans la folie et à partir de 1915 s’enferme dans un mutisme complet. Commence alors pour lui une vie d’errance qui durera près de quinze ans. En 1930, il est interné pour schizophrénie.
Martin Ramirez commence à dessiner dans les années cinquante sur des papiers récupérés, des morceaux qu’il recolle à l’aide de mie de pain ou de pomme de terre écrasée.
Son œuvre est bouleversante, exceptionnelle, et on la placera aux côtés des plus grands auteurs d’art brut, et des grands artistes de ce siècle. Une œuvre à la fois narrative et abstraite, qui séquestre les stéréotypes (le bandito mexicain, la madone, les animaux des forêts, le train, etc.) dans des entrelacs architecturaux. Les figures se font icônes, rêves impossibles, espoirs asphyxiés, liberté illusoire. La contrainte est totale, le cauchemar répétitif, comme ces lignes en écho qui confèrent aux dessins des rythmes envoûtants, hypnotiques. Elles scellent une trajectoire, un circuit concentrationnaire duquel on ne s’échappe pas. L’œuvre de Ramirez est la plus saisissante quand elle imprime cette idée paradoxale de mouvement et d’enfermement, condamnation à toujours répéter le même, sans espoir de l’autrement : train fantôme qui n’en finit jamais de tourner. Vertige de la répétition, mouvement cinétique, projection de spirales sans fin, fuite éperdue dans un tunnel.
Images gravées qui donnent peut-être la mesure des journées harassantes de celui qui parcourt sans fin et sans arrêt les mêmes carreaux, les mêmes lignes du couloir.
Mais tel un lapin échappé du chapeau, le cavalier semble parfois échapper aux miradors. Les lignes s’inversent alors pour bâtir une pyramide, plate-forme d’envol vers l’illusoire " happy end " d’un western hollywoodien, affiches qui ont dû bercer les rêves de Martin Ramirez avant qu’il ne franchisse l’enfer du Rio Grande. Aujourd’hui, il reste environ trois cents dessins : le trésor de Martin Ramirez," décédé en 1963 en Californie.
extrait de http://www.abcd-artbrut.org

Remembering that it was a group of artists and psychiatrists who established the field of Outsider Art, we owe much to both for recognizing the visionary genius of Martín Ramírez. After twenty years of hospitalization, Ramírez began to secretly make drawings and collages on sheets of scavenged paper he glued together with starchy foods and spit. In 1954 he presented a group of these to Sacramento State College visiting psychology professor Dr. Tarmo Pasto, who, sensing they were exceptional, put them safely away in storage. Years later, Chicago artist Jim Nutt, teaching at the college in the late 1960s, found the works, and spearheaded the first exhibition of Ramirez' work, leading to its representation by Phyllis Kind Gallery, and attention from the greater art world.

Born in the Los Altos region of Jalisco, Mexico, Ramirez lived there until he was about 30. Scenes, memories, and dreams from that culture seemingly confront the viewer. Los Altos is ranchland and it is no surprise that horses and their trappings are shown in such detail. Hunting was a survival activity; the area was thick with deer and other game animals. Mexican folk Catholicism permeates this art, from apocalyptic imagery to allegories of animal Madonna and child.

The art of Martín Ramírez is monumental. Ranging in size from a few inches to nine feet in height, the effect of his drawings on the viewer is enormous. Drawn in by the proscenium he has set up, one is mesmerized by the lines, colors, and characters he has assembled there. A master fabulist, his stories include images of the natural world of landscapes and animals, cities, roads, men on horseback, cars, trucks, ships, the Virgin, highly imaginative variations of trains and tunnels, and sometimes letters and words in his native Spanish.

13.2.07

Art Brut #5 - Musique Brute - Janine Hilder

En relisant un article de Claire Margat au sujet de l'Art Brut dans un numéro d'Art Press d'Avril 2004, j'aimerais réagir et prolonger une réflexion que j'ai moi-même eue à ce sujet ; je reproduis donc l'extrait, puisqu'elle exprime parfaitement ce questionnement :


Claire a raison de dire que ces oeuvres qui se donnent à voir d'un seul tenant se sont trouvées comme les "concrétions" les plus manifestes de l'expression d'art brut. Au milieu de XXème siècle lorsque l'on entreprend une recherche plus méthodique des créations d'art brut, c'est dans les hopitaux psychiatriques et les maisons de retraite que l'on découvre ces personnes. Et ce qui tombait le plus naturellement entre les mains de ces personnes recluses, en marge, c'étaient des crayons, des plumes, de l'encre, des papiers de chocolat, des images et des bricoles de récupération ; par quoi ils pouvaient exprimer ces extraordinaires visions. D'autres formes d'expression, comme la musique, nécessitent un apprentissage (jouer d'un instrument) et, pour en conserver une trace, l'appropriation d'un code second, d'un métalangage (savoir lire ou écrire la musique) ; soit une certaine abstraction qui fait écran à l'expression "brute". Sans parler de critères exogènes et difficiles à réunir : la mise à disposition d'instruments, la possibilité d'enregistrer, enfin l'éventuelle dimension collective de la musique jouée - toutes conditions qui ne se trouvaient pas facilitées par la situation singulière, isolée, des créateurs en question. La musique apparaît en conséquence comme un vecteur difficile d'accès pour l'Art Brut à strictement parler. Pour les mêmes raisons je ne crois pas non plus à un théâtre ou à des arts de la scène "bruts". Ces arts sont par nature des arts de partage et de travail en commun. Réfléchis, faits de médiations, de raisonnements et concessions, d'une mise en scène, de répétitions, ils ne permettent plus l'expression unique, libre et spontanée de fantasmes individuels.

Ou alors on ouvre le champ : l'atypique et le bizarre peuvent s'exprimer de mille façons, sans pour autant provenir de personnalités en marge ou alienées.
C'est le cas du travail de Janine Hilder, dont vous pouvez admirer les créations à l'exposition Australian Outsiders à la Halle Saint Pierre, actuellement et jusqu'au 11 mars 2007.

17.11.06

Art Brut #4 - Damian Michaels




Les dessins de Damian Michaels sont actuellement exposés à la Halle Saint-Pierre à Paris, dans le cadre de l'exposition "Australian Outsiders", qui présente au public français une sélection de pièces provenant d'artistes contemporains, inscrits eux-aussi dans ce courant dit d'art brut, qu'on appelle "raw art" ou 'outsider art", dans le monde anglo-saxon ; où l'éligibilité des oeuvres et notamment des artistes au titre de ce courant ne suit pas strictement l'ensemble drastique de critères imposés il y a plus de 50 ans par Jean Dubuffet. Ce qui est le cas de Damian Michaels, relativement bien inséré dans un milieu artistique et créatif, loin de la "folie" d'une Aloise ou d'un Adolf Wolfli. Damian Michaels réside à Melbourne, en Australie, où il partage son temps entre sa vie professionnelle, ses activités d'agent artistique, de créateur, d'animateur et éditeur d'un magazine consacré à l'art visionnaire (Art Visionnary). Il n'en est pas moins porteur d'une expérience mystique qui a bouleversé sa vie et d'une approche obsessionnelle du dessin.

Damian Michaels est né en 1969 à Petersburg (Etats-Unis) où il connaît une enfance nomade rythmée par les déménagements dans les différents états du pays causés par la profession de son père, concepteur de logiciels pour des avions militaires. Dans les années 1970, sa famille s'installe enfin dans la baie de San Francisco. En 1977, il est marqué par la mort de sa cousine et par une expérience troublante où il lui semble être transporté hors de son corps et où un flash lui révèle ce que sera sa vie future.

À l'âge de 18 ans, il exerce différents métiers (agent de sécurité, magasinier, employé de bureau) pour s'assumer financièrement. C'est à cette époque qu'il commence à dessiner de manière obsessionnelle et automatique. Il émigre définitivement en Australie en 1994 où il se marie. Il expose ses œuvres pour la première fois en 1993, grâce aux encouragements de son ami, artiste lui aussi, Robert Schick. L'univers qu'il dessine, principalement la nuit, est visionnaire, symbolique et religieux. Cette ferveur mystique est servie par différentes techniques : encre de Chine, peinture, crayon, stylo, avec une étonnante précision du trait et beaucoup d'attention portée aux détails. Ces images, qu'il dit recevoir des forces occultes dont il se fait l'interprète, nous emportent dans un monde où se côtoient le visible et l'invisible et nous confrontent aux forces cachées qui nous régissent.

Son esthétique emprunte la vivacité des couleurs, les formes ondulantes, le jeu hallucinatoire et les coulures des dessins psychédéliques illustrant les affiches de concerts du Fillmore à San Francisco (notamment mes préférés Victor Moscoso et Wes Wilson). Mais cet envahissement de ramifications pareilles aux branches d'une terrifiante forêt lovecraftienne, ces visages comme couverts de motifs shamaniques, aborigènes en partance pour l'ère du rêve ? Quelle merveille ! !

4.11.06

Art Brut #3 - Aloise

Etrange destin que celui d'Aloïse Corbaz, qui aperçoit l'empereur Guillaume II, en 1913, au chateau de Postdam où elle était gouvernante. Elle adresse aussitôt des lettres d'amour enfievrées à l'empereur, lettres qui la condamnent à une hospitalisation à vie.
Elle devient repasseuse, à l'asile de La rosière, en Suisse, et se réfigue dans un monde onirique et hallucinatoire, dessinant sur ce qu'elle a sous la main, papiers d'emballage, de café, ces visions sensuelles de déesses de fertilité, grâcieuses, offertes à la cour des rois, ces femmes nourricières, tout en poitrines, courbes fécondes et tailles de guêpe, ventres cachant des êtres minuscules, chevelures de laine bouillonnante, et ces yeux étranges, lacs de cobalt ou lunettes d'eau ?






Cette vitalité de formes et de couleurs, l'épanouissement sensuel des corps dessinés par Aloïse, a fait dire à Jean Dubuffet "La seule manifestation vraiment resplendissante, dans la peinture, de la pulsation proprement féminine."

15.10.06

Art Brut #2 - Giovanni Battista Podestà


Create Your Own!

Giovanni Podestà (1895-1976) est un modeste ouvrier céramiste italien de la région des lacs du nord de l'Italie. Il réalise tout au long de sa vie des centaines des figurines en plâtre, objets peints et compositions, accompagnées de textes mystico-moralisateurs. Ses productions me rappellent les pièces bricolées d'artisans africains ou brésiliens, qui se servent de tout ce qui leur passe sous les mains pour réaliser avions, voitures, personnages, en canettes de Coca, bouts de bois, ficelle. Sortes de petites saynètes syncrétiques qui évoquent autant les crèches napolitaines que l'univers forain, ou ces objets de culte vaudou piquetés d'aiguilles et de clous. Mais en définitive ce qui me plaît le plus chez Podestà, c'est la couleur, un éclatement de tons primaires (primitifs ?), de verts, jaunes, bleus décorant des objets réalistes et naïfs, comme dans les anciens manèges. Ses oeuvres ont été collectionnées par Jean Tinguely à partir des années 50. On en retrouve de nombreuses à la Fabuloserie et il a fait récement l'objet de plusieurs importantes expositions.



Podestà was born in 1895 at Torre Pallavicina, a little village in Lombardy. His background was modest: his father died when he was a child and there was a large family to support (he had 12 sisters). In order to help the family, he left school at 10 and was apprenticed to a stonemason.

His experiences during the two world wars affected him deeply. When the First World War broke out, Podestà, then just 20 years old, was sent to the front. On his return home, he found it difficult to adjust to civilian life. He joined the carabinieri and was sent to Laveno, a small town beside Lake Maggiore, where he later worked in a large ceramics factory. In 1939, Podestà joined the army once again. This war, even more than the previous one, left him with deep and lasting moral scars.

A large part of his work was produced during the so-called ‘Italian miracle’ years (1950-1960), when the economy was developing at a rapid pace. Agrarian reform uprooted the social and technical structures of the northern Italian countryside. The rural society in which Podestà lived underwent a metamorphosis. People were wrenched away from their peasant culture, the links between nature and tradition brutally severed. Distanced from his community, excluded from his environment, uprooted and exiled, Podestà became the standard-bearer of protest at the extinction of his peasant ‘race’, the extinction of an entire symbolic heritage and its spiritual values.

4.10.06

Art Brut #1 - Laure Pigeon




Chose promise... chose due. Voici donc ma première égérie de l'Art Brut. J'aime beaucoup Laure Pigeon. Ses dessins me sont apparus immédiatement comme des visions surréelles et improbables. On distingue ici un buste de femme au visage esquissé, gagné par des cheveux en plumes de choux (Dix Novembre 1961 - encre violette et bleue - 65 X 50 cm) ; là une forme vaporeuse qui semble s'épanouir dans un étalement de feuilles et pourtant le titre vient brusquer ces éléments végétaux, animaux ou fluides ! (Pierre, Collections du Musée de l'Art brut, Lausanne)
Ces dessins sont des oeuvres réalisées sous emprise médiumnique, phénomène que l'on relie au spiritisme en vogue à la fin du XIXème siècle, et dont Laure Pigeon(1882-1965) est une des figures marquantes.

"Parmi les artistes appartenant à ce mouvement, les plus connus sont Augustin Lesage, Laure Pigeon, Fernand Desmoulin, Jeanne Tripier, Madge Gill, Joseph Crépin, Marguerite Burnat-Provins, Hélène Smith, Josef Kotzian, Léon Petitjean, et d'autres… personnes a priori éloignées de toute activité artistique et qui ont commencé à dessiner, peindre et écrire sous une impulsion dictée de l'extérieur.

Ces artistes affirment être en contact avec un autre monde, celui des défunts, des êtres qui leur donneraient une marche à suivre. En examinant de plus près le parcours de certains de ces artistes spirites, quelques constantes se dégagent: ils affirment entrer en contact avec l'au-delà, ils se lancent dans un processus créatif fébrile, proche dans quelques cas de la transe, ils exécutent leur travail de manière spontanée et rapide, sans jamais hésiter sur le geste à accomplir. Cela donne des résultats étonnants, pour ne pas dire époustouflants. Le trait est sûr, net et précis. L'élégance et le raffinement sont au rendez-vous, la maladresse qui peut apparaître n'est jamais perçue comme un manque de talent. Si, la plupart du temps, ces créations sont abstraites, on y retrouve cependant régulièrement des compositions florales, des animaux ou des humains, occupant tout l'espace soumis à la main de l'artiste." Marielle Lefébure

27.9.06

Art Brut #0


Je m'aperçois en relisant le profil de Martian Shaker que ce blog ne serait pas complet s'il n'évoquait ce champ de productions hors normes, foutraques, poétiques, cachées, dérangeantes, inconnues des circuits institutionnels de l'art ; ces créations autistiques, compulsives, réalisées sans le moindre souci du spectateur, et qu'on a qualifiées d'Art Brut : toiles, dessins, assemblages, produits par des retraités, des paysans, des fous, des bouchers, des facteurs. Ce sont des "marginaux réfractaires au dressage éducatif et au conditionnement culturel, retranchés dans une position d’esprit rebelle à toute norme et à toute valeur collective. Ils ne veulent rien recevoir de la culture et ils ne veulent rien lui donner." (Michel Thévoz)

C'est Jean Dubuffet qui en France le premier découvre ces pièces dotées d'une étrange beauté et choisit de les élever au rang d'oeuvres (et non de sujet de thèses de doctorat en psychiatrie); Dubuffet qui s'acharnera toute sa vie durant à collectionner les trouvailles, étudier et documenter le fonds, installer un musée, chercher en France et à l'étranger où se trouve l'art brut. Car il ne tente pas de définir l'art brut mais de le dénicher, là où il est - au fond d'une grange, dans un hôpital ou un garage - diamant brut dans sa gangue de terre. Avec respect et simplicité, Dubuffet s'attachera à juger les oeuvres et non les hommes, à voir non pas la névrose dans les figures ou les couleurs, mais la puissance de l'expression, la cohérence d'une syntaxe plastique, telle qu'on peut l'admirer dans un dessin d'enfant.

"L’œuvre est donc envisagée par son auteur comme un support hallucinatoire ; et c’est bien de folie qu’il faut parler, pour autant qu’on exempte le terme de ses connotations pathologiques. Le processus créatif se déclenche aussi imprévisiblement qu’un épisode psychotique, en s’articulant selon sa logique propre, comme une langue inventée. D’ailleurs, quand les auteurs d’Art Brut s’expriment aussi par l’écriture, c’est en accommodant la grammaire et l’orthographe à leur tour d’esprit. C’est une création impulsive, ..., qui n’obéit à aucune demande, qui résiste à toute sollicitation communicative, qui trouve peut-être même son ressort à contrarier l’attente d’autrui." Michel Thévoz, tiré de "Art brut, psychose et médiumnité", Editions de la Différence, Paris, 1990, pp.34-35.


Hommage à Jean Dubuffet, donc, et à toutes les associations qui ont essaimé avec et après lui en France et ailleurs. Allez découvrir les merveilleux trésors de l'Aracine, de La Fabuloserie et, si vous êtes à Lausanne, la Collection de l'Art Brut.

Régulièrement, désormais, une notule sur un créateur d'Art Brut.

The term Outsider Art was coined by art critic Roger Cardinal in 1972 as an English synonym for Art Brut (which literally translates as "Raw Art" or "Rough Art"), a label created by French artist Jean Dubuffet to describe art created outside the boundaries of official culture; Dubuffet focused particularly on art by insane asylum inmates.
While Dubuffet's term is quite specific, the English term "Outsider Art" is often applied more broadly, to include certain self-taught or Naïve art makers who were never institutionalized. Typically, those labeled as Outsider Artists have little or no contact with the institutions of the mainstream art world and they often employ unique materials or fabrication techniques. Much Outsider Art illustrates extreme mental states, unconventional ideas, or elaborate fantasy worlds. Since 2000 the EUWARD, the European Award for painting and graphic arts by mentally handicapped artists, is providing this art with an international forum.