18.10.06
15.10.06
Nana Mouskouri in New York - The Girl From Greece Sings


Ceux qui ont dit que Nana Mouskouri "était" ringarde se sont certainement trompés de temps, car si l'imparfait renvoie aux années 60, Nana Mouskouri in New York est la réédition en CD d'un disque magistral. En 1962, encore peu connue en Europe et a fortiori aux USA, Nana Mouskouri est invitée - par les pontes de Mercury et de Fontana (France) - à interpréter une quinzaine de standards de jazz. Des valeurs sûres, mais sous la direction exigeante de Quincy Jones, Nana va devoir réviser dur sa phonologie anglaise. Et puis le pari sur une étrangère inconnue était assez périlleux quand on connaît les calibres qui ont chanté Till there was you (Peggy Lee), Don't go to strangers (Etta Jones) ou Smoke gets into your eyes (The Platters). Avant d'entrer en studio, Nana passe trois semaines à arpenter les rues de New York et à s'imprégner de la ville, le soir elle va dans les clubs de jazz. Le résultat est là, ce disque est de la belle ouvrage, équilibré à tous points de vue, et le mérite n'en revient pas qu'à Nana Mouskouri. Il y a tout d'abord l'équilibre de l'enregistrement qui laisse la part belle au vocal, avec l'impression d'une pureté de gravure en DDD : la faute à Phil Ramone, l'ingénieur du son. Et puis la voix: un accent anglais devenu parfait, une nonchalance de diva, une intonation claire, par endroits alanguie (Hold me, thrill me, kiss me, The touch of your lips), avec quelque chose de mélancolique qui vous remue de l'intérieur. Autant le dire tout de suite, hormis les bonus tracks inédits : Almost like being in love, But not for me, et I get a kick of you, qui swinguent avec élégance, l'ensemble ne fait pas dans le fun. Peut-être parce que les notes graves de la contrebasse et les autres cordes donnent une coloration dramatique à un chant qui semble se déployer dans un air raréfié. L'équilibre est enfin celui des compositions, portées par un orchestre de jazz lounge discret. Tout à la fin des notes de la pochette, on découvre derrière les arrangements le nom de Charles Albertine, l'arrangeur des Three Suns, qui montre ici un talent subtil et dose avec parcimonie ses choix instrumentaux. Ce qui nous fait dire qu'il n'y a pas de hasard en ce bas monde. Exquis.
Mouskouri was first brought to the attention of American audiences in 1962 when Quincy Jones produced her first album in the U.S., The Girl From Greece Sings. Bob Dylan was so taken by Nana's performance at a 1979 concert that he wrote a song for her. Nana's "fan club" also includes Neil Diamond, Julio Iglesias and Harry Belafonte, who has toured with her in the United States and Canada.
The Girl From Greece Sings was reissued as Nana Mouskouri In New York to a surprised but positive response from jazz enthusiasts, who had been unaware the singer could handle the genre at all.
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Jazz
6.10.06
Bernard Parmegiani - Pop'eclectic

Extrait de la chronique de Trimalcion sur le site GutsofDarkness / Link available thanks to Baron Samedi
"Pop'eclectic" (1969) est une suite de pastiches de musiques de film ou de génériques TV, passées au broyeur et rythmées par des boucles entraînantes ou des sons qui surgissent sans crier gare (avions, cantatrice d'opéra, cordes). Dans la même optique (et peut-être pour égaler le succès commercial de la "Messe pour le temps présent" de Pierre Henry et Michel Colombier ?), "Du pop à l'âne" (1969) présente un patchwork un peu fou qui fait se superposer la musique du Sacre de Stravinsky, du Quatuor pour la fin du temps de Messiaen, ainsi que bien d'autres classiques que vous pourrez vous amuser à identifier ou non, des rythmiques africaines, du piano classique, de la pop (j'ai noté la basse de "You're lost little girl" des Doors, par exemple), et d'autres choses encore, qui ne font pas forcément bon ménage. Enfin, c'est Michel Portal qui s'y colle dans "Et après" (1973), où il joue du... bandonéon ! Comme pour "JazzEx", Parmegiani sculpte sur bande des sons de l'instrument métamorphosés, qui se mêlent à l'improvisation en direct."
Bernard Parmegiani (Paris, France, 1927) started off as a sound engineer for French television (ORTF later known as RTF). Originally a mime during the four years studies at Lecoq & Decroux school, he joined the Groupe de recherches musicales (GRM) in 1959 for a two years master class. His first major work (Violostries) is composed in 1962 for a choregraphy performed for Théâtre Contemporain d’Amiens directed by Jacques-Albert Cartier.
His interests goes also live: he interacted during the seventies with jazz practitioners for improv sessions with french jazz fellows J.-L. Chautemps, B. Vitet or M. Portal. He went in London to perform live with The Third Ear Band.
Pop'eclectic is Odd-ball music concrete from this legendary French composer. This disc presents archival material from 1966-1973, thereby predating the pop cut-ups of Christian Marclay by a good bit. The four pieces here feature a patchwork of styles, at times fused with symphonic elements, or having free jazz musicians play over prerecorded tapes of electro-acoustic music. Important, influential, and a fun listen, too!
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Electronique / Experimental
4.10.06
Art Brut #1 - Laure Pigeon


Chose promise... chose due. Voici donc ma première égérie de l'Art Brut. J'aime beaucoup Laure Pigeon. Ses dessins me sont apparus immédiatement comme des visions surréelles et improbables. On distingue ici un buste de femme au visage esquissé, gagné par des cheveux en plumes de choux (Dix Novembre 1961 - encre violette et bleue - 65 X 50 cm) ; là une forme vaporeuse qui semble s'épanouir dans un étalement de feuilles et pourtant le titre vient brusquer ces éléments végétaux, animaux ou fluides ! (Pierre, Collections du Musée de l'Art brut, Lausanne)
Ces dessins sont des oeuvres réalisées sous emprise médiumnique, phénomène que l'on relie au spiritisme en vogue à la fin du XIXème siècle, et dont Laure Pigeon(1882-1965) est une des figures marquantes.
"Parmi les artistes appartenant à ce mouvement, les plus connus sont Augustin Lesage, Laure Pigeon, Fernand Desmoulin, Jeanne Tripier, Madge Gill, Joseph Crépin, Marguerite Burnat-Provins, Hélène Smith, Josef Kotzian, Léon Petitjean, et d'autres… personnes a priori éloignées de toute activité artistique et qui ont commencé à dessiner, peindre et écrire sous une impulsion dictée de l'extérieur.
Ces artistes affirment être en contact avec un autre monde, celui des défunts, des êtres qui leur donneraient une marche à suivre. En examinant de plus près le parcours de certains de ces artistes spirites, quelques constantes se dégagent: ils affirment entrer en contact avec l'au-delà, ils se lancent dans un processus créatif fébrile, proche dans quelques cas de la transe, ils exécutent leur travail de manière spontanée et rapide, sans jamais hésiter sur le geste à accomplir. Cela donne des résultats étonnants, pour ne pas dire époustouflants. Le trait est sûr, net et précis. L'élégance et le raffinement sont au rendez-vous, la maladresse qui peut apparaître n'est jamais perçue comme un manque de talent. Si, la plupart du temps, ces créations sont abstraites, on y retrouve cependant régulièrement des compositions florales, des animaux ou des humains, occupant tout l'espace soumis à la main de l'artiste." Marielle Lefébure
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Art Brut / Outsider Art
3.10.06
Christophe Bourdin - Le fil

Malgré le peu de succès des propositions de découverte littéraire, je persiste !
"Qu'est-ce que la vie quand on n'a que 20 ans et qu'on apprend qu'on est séropositif ?"
Christophe Bourdin a réalisé il y a quelques années avec Le fil, son premier roman, un livre d'une justesse et d'une vérité rares. Le choix de construire le récit à la seconde personne du pluriel - que l'on n'avait peu vue depuis La modification de Michel Butor - vous projette dès la première page dans la vie de ce jeune homme semblable à tant d'autres hommes et femmes, mais déjà miné par la peur de la maladie, dont le lent travail vous apparaît tout doucement, comme ça, dans les choses de la vie. Le fil est divisé en 3 parties : Le temps des hypocondries (au passé), le temps de l'agonie (au présent) et le temps du rêve (au conditionnel). Cette dernière partie de la narration est sublime, confine à la poésie pure et j'aimerais en livrer quelques pages ce soir. Pour ma part je la lis en écoutant la B.O. composée par Simon fisher Turner et une pléiade de musiciens pour le film Blue, de Derek Jarman, sur le même sujet.
Sinon Bablablog en parle mieux que moi, suivez le lien au dessus.
Le roman Le fil est accessible : ici.



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Littérature
1.10.06
Conjunto 3D - Muito na onda

Comme ce disque est une petite merveille, qu'il n'apparaît pas sur des blogs ultra-pointus tels que Loronix ou Sabadabada, je me permets de le mettre en partage. C'est un exemple éclatant de la capacité brésilienne à intégrer et digérer toutes les cultures et les musiques du monde. Standards de jazz américain, titre de Francis Lai (Un homme et une femme), Conjunto 3D passe tout ça à la moulinette d'un swing extrêmement tonique et accrocheur, à la manière des productions samba jazz des années 60 (Milton Banana, Elza Soares, Zimbo trio, et tant d'autres que je vous recommande de découvrir sur les blogs cités plus haut).
En écoute le très swing : Watermelon Man
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Samba
30.9.06
De Wolfe @ Half Price (compilation)

Une excellente et copieuse compilation proposée il y a quelques années par notre ami Johan Dada, grand connaisseur en matière de lounge et de bizzareries musicales rétro. De Wolfe@ Half Price picore dans une demi-douzaine d'albums des années 69 à 71, pour nous offrir une sélection de compositeurs et formations majeurs de l'illustration musicale (The Roger Webb Sound, The London Studio Group, Johnny Hawksworth - avec un merveilleux morceau d'exotica orientale : Journey into Fantasy).
Les titres sont dans les commentaires.
While most sound library compilations focus on the funkier or beat-heavy tracks, this great gem goes for the groovy and jazzy numbers - and picks the best of De Wolfe's light and breezy output, including some killer bossa and soundtrack-type cuts. There's a really jazz and swing feel to the whole set -- no surprise, as many of the talents were actual recording jazz players themselves, simply working in the studio for De Wolfe in order to bring in a little extra cash. The whole thing's great - really overflowing with great numbers that will show you that the sound library scene is still wonderfully under-tapped! Titles include "Gentle Eyes", "Heavy Lace", and "Coaster" by Roger Webb Sound; "Supercharger" by The London Studio Group, "Baby Jane" by the Soft-Slipper, "Waiting For The Summertime" by The Cool, "Swing-A-Day" and a beautiful exotica cut (Journey Into Fantasy) by Johnny Hawksworth. Titles in comments.
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Library / Illustration musicale
27.9.06
Art Brut #0

Je m'aperçois en relisant le profil de Martian Shaker que ce blog ne serait pas complet s'il n'évoquait ce champ de productions hors normes, foutraques, poétiques, cachées, dérangeantes, inconnues des circuits institutionnels de l'art ; ces créations autistiques, compulsives, réalisées sans le moindre souci du spectateur, et qu'on a qualifiées d'Art Brut : toiles, dessins, assemblages, produits par des retraités, des paysans, des fous, des bouchers, des facteurs. Ce sont des "marginaux réfractaires au dressage éducatif et au conditionnement culturel, retranchés dans une position d’esprit rebelle à toute norme et à toute valeur collective. Ils ne veulent rien recevoir de la culture et ils ne veulent rien lui donner." (Michel Thévoz)
C'est Jean Dubuffet qui en France le premier découvre ces pièces dotées d'une étrange beauté et choisit de les élever au rang d'oeuvres (et non de sujet de thèses de doctorat en psychiatrie); Dubuffet qui s'acharnera toute sa vie durant à collectionner les trouvailles, étudier et documenter le fonds, installer un musée, chercher en France et à l'étranger où se trouve l'art brut. Car il ne tente pas de définir l'art brut mais de le dénicher, là où il est - au fond d'une grange, dans un hôpital ou un garage - diamant brut dans sa gangue de terre. Avec respect et simplicité, Dubuffet s'attachera à juger les oeuvres et non les hommes, à voir non pas la névrose dans les figures ou les couleurs, mais la puissance de l'expression, la cohérence d'une syntaxe plastique, telle qu'on peut l'admirer dans un dessin d'enfant.
"L’œuvre est donc envisagée par son auteur comme un support hallucinatoire ; et c’est bien de folie qu’il faut parler, pour autant qu’on exempte le terme de ses connotations pathologiques. Le processus créatif se déclenche aussi imprévisiblement qu’un épisode psychotique, en s’articulant selon sa logique propre, comme une langue inventée. D’ailleurs, quand les auteurs d’Art Brut s’expriment aussi par l’écriture, c’est en accommodant la grammaire et l’orthographe à leur tour d’esprit. C’est une création impulsive, ..., qui n’obéit à aucune demande, qui résiste à toute sollicitation communicative, qui trouve peut-être même son ressort à contrarier l’attente d’autrui." Michel Thévoz, tiré de "Art brut, psychose et médiumnité", Editions de la Différence, Paris, 1990, pp.34-35.

Hommage à Jean Dubuffet, donc, et à toutes les associations qui ont essaimé avec et après lui en France et ailleurs. Allez découvrir les merveilleux trésors de l'Aracine, de La Fabuloserie et, si vous êtes à Lausanne, la Collection de l'Art Brut.
Régulièrement, désormais, une notule sur un créateur d'Art Brut.
The term Outsider Art was coined by art critic Roger Cardinal in 1972 as an English synonym for Art Brut (which literally translates as "Raw Art" or "Rough Art"), a label created by French artist Jean Dubuffet to describe art created outside the boundaries of official culture; Dubuffet focused particularly on art by insane asylum inmates.
While Dubuffet's term is quite specific, the English term "Outsider Art" is often applied more broadly, to include certain self-taught or Naïve art makers who were never institutionalized. Typically, those labeled as Outsider Artists have little or no contact with the institutions of the mainstream art world and they often employ unique materials or fabrication techniques. Much Outsider Art illustrates extreme mental states, unconventional ideas, or elaborate fantasy worlds. Since 2000 the EUWARD, the European Award for painting and graphic arts by mentally handicapped artists, is providing this art with an international forum.
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Art Brut / Outsider Art
23.9.06
17.9.06
Black Cat Records Sampler

Une jolie compilation italienne de library et jazz funk des années 60 & 70, préparée par le label romain Black Cat recordings, lié au magazine rétro-futuriste Il Giaguaro (dont le site semble avoir disparu).
On relève deux pièces musicales du célèbre Alessandro Alessandroni : North wind, à coloration folk, et Fuga d'amore, tout en scat rappelant les Jumping Jacques (d'ailleurs il faut que je poste une notule sur ceux-là). Les autres morceaux, pleins de la belle énergie des swinging sixties, sont d'illustrateurs sonores moins connus : Amedeo Tommasi, Remigio Ducros, Subelli, Nicelli. Un complément parfait aux sélections de perles obscures de jazz funk de la série Suono Libero, chez Irma La douce.
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Library / Illustration musicale
West India Company - Music From New Demons
West India Company est un projet éphémère et plutôt réussi associant musique et danse contemporaine (on recense un maxi Ave Maria et ce debut album qui n'aura pas de suite, à notre grand regret). Pour la musique on retrouve Stephen Luscombe, figure de la new wave des années 80, claviériste du duo Blancmange, associé ici à Peter Culshaw et Pandit Dinesh, maître en percussions indiennes. Pour la danse c'est la prestigieuse compagnie québecoise La la la human steps, dirigée par Edward Lock, accompagné de sa muse Louise Lecavalier, flamme virevoltante et rayonnant d'une énergie formidable dans les performances multimédia du chorégraphe. Entre eux l'Inde et ses sortilèges musicaux, incarnés par Asha Bhosle, diva des BO de Bollywood et une jeune chanteuse indienne au talent prometteur Priya Khajuria. La rencontre de ces artistes forme une alchimie très réussie de musiques de films, d'orchestrations exubérantes mêlant jazz, folk, fulgurances disco, samples et sons étranges des années 80, un peu comme si Art of Noise était tombé dans une marmite hindoustani (si, si). New Demons déploie une ambiance romantique et épique, à la fois sacrée et profane, à la manière des grandes fresques du cinéma indien. Appréciez les déferlements percussifs de Pandit, le très lyrique Driver chanté par Edouard Lock...et demandez le début.
Face B :
Bengalis from outer space 5.45
Pandi 6.59
Driver 3.44
Bengalis re-entry 4.58
Juggernaut Ude Cha Panchi 5.52
Having already incorporated Indian music with Blancmange's new wave grooves, keyboardist Stephen Luscombe delved into it further with the West India Company. As with Blancmange, the West India Company combined keyboard-heavy club rhythms with Indian instrumentation. The biggest difference were the vocals of Indian superstar Bhosle, which transcended the West India Company from its Western origins. The West India Company introduced Bhosle to European and American audiences who weren't familiar with her, receiving exposure on British and German television. In 1989, the West India Company released their debut LP Music From New Demons. Blancmange had already broken up by then and Luscombe took the West India Company on a U.S. tour. The group performed at 13 cities in 20 days, a cross-country road trip that left the band exhausted. Nevertheless, the group flew to a gig in Stockholm, Sweden, after leaving America. However, Bhosle became stricken with colitis before the concert. Instead of canceling it, Bhosle found the strength to sing and then spent an entire month in bed recovering from her illness. ~ Michael Sutton, All Music Guide
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Indian Vibes
Davaca artiste à suivre
Davaca est un artiste brésilien à la production foisonnante, découvert sur le site de photos et collages FlickR. Si tout n'est pas génial dans ses photomontages usant et parfois abusant d'effets photoshop, sa thématique des stencils (avec leur contraste pochoir très marqué) et des collages sur Marylin et d'autres icones warholesques des années 50 et 60, témoignent d'une belle vitalité créative.
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Graphisme / Artwork
15.9.06
Jay glaze & Pro-celebrity Golf - Three sinister syllables

Vous vous souvenez de Tape Beatles, de Negativland (années 80) ? euuhh, ou bien du patchwork de samples obscurs des 45 Midgets, dans ma notule de Juillet ... non ça ne vous dit rien ? Eh bien ces deux lascars de Manchester : Jay glaze & Pro-celebrity Golf nous offrent une longue pièce jubilatoire et du même tonneau. Trois Syllabes Sinistres est une arlequinade qui mêle art punk, avant groove. On y trouve un mélange rafraîchissant et imprévisible de vieux tubes de ABBA, Partridge Family, Barry White, Bee Gees, des bribes de hip hop, des beats de country western, des airs de latin jazz, de la pop suédoise, des perles d'Eurovision, des vieilles connaissances parfois... mais résistantes au blind test. C'est que ça va chercher loin dans les sixties & seventies, hors des sentiers battus ; donc tout ce qu'on aime chez Martian Shaker !
"Three Sinister Syllables" is a one-off project from two individuals from Manchester that respond to names of Pro Celebrity Golf and Jay Glaze. These two are basically mash-up or cut'n'paste artists along the lines of someone like John Oswald or The Tape Beatles. There are two major differences however. Firstly, they favour longer tracks as a form of expression, rather than the quick snap'n'paste that Oswald gets into. Secondly, they have an actual feeling for the beat. Every one of the eleven tracks on this record grooves. Who do they steal from, you ask. For starters, I caught extended glimpses of original ABBA, Partridge Family, Barry White, Bee Gees tracks thrown into this mad hip-hop, mash-up, groove-out break-your-back mix. But who the hell steals from Charles Mingus, I ask you? [Maybe, this is just a reflection of good taste, I suppose.] It's impossible to listen to this record with a straight face. The use of some 50's or 60's soundtracks and instructional records only add to the overall fun. A little scratching here, a lot of samples here, in the end, this is the most messed up shit to hit your speakers in a long time. If you delight in stolen machinations and like your samples thrown on fat and juicy, "Three Sinister Syllables" is definitely up your alley.
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Sample Patchwork
13.9.06
Juan Garcia Esquivel - Petite bio d'un grand excentrique
Surnommé le " Van Gogh de la space age pop ", le " Dr. Jekyll de l'orchestration ", ou encore le " Duke Ellington mexicain ", Esquivel, une des figures les plus marquantes des musiques excentriques des fifties, aura mérité ces comparatifs élogieux.
Self made man
Juan Garcia Esquivel est né au Mexique, le 20 janvier 1918, à Tampico. Comme de nombreux petits génies, il manifeste très tôt des dons pour la musique. Quasiment autodidacte, malgré quelques bases acquises durant l'enfance, il pratique le piano de manière empirique, et une fois adolescent, se produit gratuitement dans tous les endroits où il peut jouer. Ses parents pressentent une vocation et le laissent la développer. Lorsqu'ils déménagent à Mexico, au début des années 30, Esquivel commence à se faire connaître en jouant du piano en solo pour une radio populaire locale : XEW. Durant cette période il se familiarise avec les premières techniques d'ingénierie du son. Mais la musique reste son vrai but, avec l'intense désir d'écrire, lui aussi, une de ces chansons populaires qui passent par les ondes et qu'on fredonne dans toute l'Amérique. A 14 ans, il se donne trois ans pour apprendre tout seul l'harmonie, la composition et les arrangements. A 17 ans, pari gagné, il est déjà aux commandes d'un orchestre de 22 instruments et 5 vocalistes, gagnant des concours, jouant toujours à la radio, dans les clubs et bientôt pour la télévision naissante. A 20 ans, il est populaire en Amérique centrale. Sa réussite apparaît comme emblématique du " self made man ", réussissant à force d'audace et de persévérance. ...
Le déploiement du style Sonorama
Il a près de quarante ans lorsque, en 1957, RCA lui fait les yeux doux en négociant un pressage américain pour un de ses albums diffusés au Mexique : To love again. Désirant signer ses albums futurs, RCA demande dans quel délai le prochain album sera prêt. Esquivel répond : 12 mois de répétition pour 12 titres ! (le standard des LP de l'époque), expliquant que ses arrangements sont très complexes à assimiler pour ses musiciens, ils apprennent chaque note et chaque son par cœur…tout simplement parce qu'ils ne savent pas lire les partitions ! ! ? ? Qu'à cela ne tienne, RCA lui propose de venir enregistrer directement aux US, où il disposera des meilleurs musiciens. Esquivel signe un contrat de trois ans et part à Hollywood. Pour son premier album américain " Other worlds, other sounds " RCA lui donne 5 heures d'enregistrement. Il boucle les 12 titres en 3h1/2. De fait, Esquivel était fin prêt pour tirer le meilleur parti d'interprètes chevronnés ; il avait peaufiné ses titres au piano, connaissait ses arrangements dans leurs moindres détails. Le succès de ce 1er album américain est exceptionnel. RCA est en confiance, lui laisse les coudées franches avec 24 musiciens mis à sa disposition 8 h par jour. Esquivel peut enfin donner libre cours à sa fantaisie expérimentale : nouvelles cordes, nouveaux instruments : du theremin dans " Exploring New sounds ", des sons de bambou (My blue heaven) un Ondioline (Whatchamacallit ), un buzzimba (Lazy bones). Conscient de son talent atypique, il donne un nom à son style : " Sonorama ", mélange de prises de sons panoramiques à la sauce de ses arrangements incongrus.
Don Juan à Las Vegas
Son contrat, renouvelé annuellement, et puis d'autres, lui permettront d'exercer - dans la continuité de ce qui l'avait rendu populaire au Mexique - son talent d'entertainer de grande classe et de grands clubs. C'est le début des années 60, Esquivel signera pour jouer durant 26 semaines par an - avec un orchestre de 10 instruments - dans un palace de Las Vegas. Il n'était pas insensible aux signes et symboles de sa réussite, multipliant dans le désordre les conquêtes amoureuses, les mariages successifs et les acquisitions de voitures de luxe. Il continuera cette vie de golden patachon pendant 12 ans sur le circuit des grands clubs, de Lake Tahoe à Las Vegas, où la jet-set se croise. Ainsi il rencontre tour à tour Henry Mancini, Frank Sinatra, Ernie Kovacs, qui l'introduisent dans le gotha des artistes de l'époque. Esquivel évoquait avec admiration les musiciens (Pete Rugolo, Muzzy Marcellino, etc.) et les stars (Yul Bryner, Kim Novak) qu'il avait rencontrés durant sa carrière. Sa réussite matérielle et la séduction qu'exerçaient sur lui les vedettes démontrent assez qu'il avait conservé quelque chose de ce pianiste mexicain autodidacte, encore ébloui par la chance qui lui a été donnée de gagner ces sphères.
Art brut
D'ailleurs, après avoir publié plusieurs albums, Esquivel tentera d'intégrer la Juilliard school (le besoin de se donner une légitimité, d'améliorer sa technique, qui sait ?). Le professeur de piano qui l'auditionne découvre sa manière peu orthodoxe, écoute ses albums, et lui conseille - en substance - de ne surtout pas essayer de se départir de ses défauts, ce serait perdre un style qu'il juge d'emblée extrêmement inventif. Esquivel fut à la musique orchestrale ce que les peintres d'art brut furent à l'art académique, un franc-tireur doté d'un talent exceptionnel et d'une saine méconnaissance des règles du " bien faire ", prêt à les détourner avec un bric-à-brac entièrement personnel et une technique atypique.
Hi-fi stéréo et griffe de maître
Pas de relâche pour Esquivel : entre ses tournées, il enregistre album sur album. C'est qu'il arrive au bon moment, celui de l'essor de la stéréophonie. Après un enregistrement sur une bande 35 mm de qualité cinéma (More of Other Worlds and Other Sounds - 1961), ce perfectionniste implacable met à profit les moyens techniques et financiers que lui offre RCA pour exploiter de nouveaux modes de prise de son. Dans son album Latin-esque (1962) il place une moitié de l'orchestre dans un des bâtiments des studios d'enregistrement, l'autre moitié dans un autre. Les musiciens disposent réciproquement d'un retour audio et chaque prise est enregistrée simultanément mais sur canal séparé. Le disque est signé dans la collection Stereo Action (The sound your eyes can follow) et vous pourrez y entendre dans le désordre des gouttes de piano, des trompettes mariachi, des bongos accordés, et des zu-zing-zings de steel guitare. La consonne " Z " et ses déclinaisons musicales restera la marque de fabrique des arrangements d'Esquivel. Les chœurs féminins sophistiqués qu'il emploie dans ses prestations scéniques et ses disques poussent des " zu-zu " langoureux, agrémentés de " Boink " et de " Pooh " marilinesques.
L'usure
Les notes biographiques musicalement correctes valorisent sa période de splendeur, mais omettent d'évoquer sa décadence. Dans les années 70, à la fois l'homme et le courant musical qui l'a porté au pinacle sont dans la zone has-been. Surtout, les années de palace intensif à Las Vegas ont usé Esquivel : accoutumé à la boisson et aux drogues, il décline. Ses contrats sont interrompus. On saisit ses biens et une partie de ses droits pour régler les impayés.
3ème âge
Il revient à Mexico en 1979, afin d'écrire la musique d'un spectacle télévisé pour les enfants : Burbujas (les Bulles) obtenant un succès considérable avec plus d'un million d'albums vendus. Sa seconde période, après la tournée des studios et des palaces, le voit assagi, produisant des musiques d'illustration sonore pour des séries télévisées américaines (Kojak), ainsi que de nombreuses BO, peu connues, pour les studios Universal. Lorsque Andrea Juno et V. Vale, les rédacteurs des deux volumes de la série " Incredible strange music " l'interviewent, Esquivel apparaît comme un homme apaisé, relatant avec bonheur les temps fort de sa vie et de ses créations musicales, modeste et heureux d'avoir été dans le mood d'un courant excentrique et terriblement " grooooo-vy ". Depuis les fifties, plusieurs DJs et combos ont réexhumé, échantillonné ou rediffusé ses musiques. Les talentueux Combustible Edison relancent Esquivel en insérant, dans leur BO du film " Four rooms ", un de ses plus grands titres : Miniskirt. On le retrouve également dans la BO de " The big Lebowski " et on l'entend ici et là sans savoir que c'est lui. Dans les années 90, Esquivel est un senior encore vigoureux, mais sa santé, déjà dégradée par les excès, se détériore. Il se blesse et sa colonne vertébrale est atteinte. ll doit bientôt se déplacer en chaise roulante ; ce qui ne l'empêche pas d'épouser sa sixième femme, en l'occurrence son infirmière personnelle, en mai 2001 ! Esquivel décède d'une attaque le 3 janvier 2002. Il aura fait étinceler le courant " space age pop ", par son inventivité, ses arrangements saugrenus, dissonnants et ses créations stéréophoniques accrocheuses. Ce pianiste autodidacte, leader d'un groupe de mariachis incapables de lire des partitions, aura finalement bénéficié de la reconnaissance de son immense talent par la musique contemporaine. En avril 2002, sur son nuage tendu de velours grenat, Esquivel a dû savourer un cocktail astral en même temps que la dernière version de Miniskirt : hommage interprété par rien moins que les cordes classiques du Kronos quartet (CD : Nuevo).
Libellés :
Exotica / Lounge
9.9.06
Today I feel a little bit...strange

Quelques bizzareries musicales connues et moins connues :
Face A :
Eddie Warner - Telex
Greater than One - Why do men have nipples ?
Erik Satin - Satinesque
Le professeur inlassable - Far Too Much For A Popular Public
Harry Nilsson : Put the lime in the coconut
Gautier/Foy - La croisière immobile (extrait)
Hosono - Box
Le tone - Expression du domaine de la lutte
Libellés :
Atypique / Peculiar
6.9.06
Jean-Léon Gérôme - Peintre orienté

Harem

Le marchand de tapis

Bashi-Bouzouk noir

La Grande Piscine de Bursa

Le bain
L'exposition parisienne actuelle sur Pierre Loti donne l'occasion de voir une toile de Jean-Léon Gérôme (1824-1904), par ailleurs considéré comme un peintre de commande, livrant de belles scènes dans un style académique, réaliste et grandiloquent, mais sans véritable innovation sur le plan pictural. Il est vrai que Gérôme, embourgeoisé et au fait de sa notoriété dans les années 1860 s'assied un peu sur ses lauriers académiques au lieu de rester ouvert au fourmillement des idées nouvelles. Vieillissant dans les années 1890, il reste arc-bouté à des codes esthétiques classiques, qu'il maîtrise avec virtuosité. Et puis il y a eu cette grosse erreur de jugement, que l'histoire de l'art ne lui a pas pardonnée : il est resté imperméable au talent dans les toiles de Courbet, Manet, Caillebotte, Pissaro. Son attitude réactionnaire vis-à-vis de l'impressionnisme et de la révolution subjective qu'apporte le regard de ses peintres, lui vaudra une large baisse de popularité et un égal rejet de la part de la critique du XXème siècle. D'où l'oubli du bonhomme et de ses toiles, jugées complaisantes.
Je ne partage pas cet avis. Son talent est celui d'un ethnographe, d'un archéologue, d'un voyageur au pinceau photographique... pas d'un révolutionnaire de la peinture ; il n'a pas eu le pressentiment de la beauté des impressionnismes, soit. Après tout - aujourd'hui - combien de compositeurs sexagénaires nourrissent un secret mépris pour la techno ou l'électro ?.
Gérôme n'a cessé, dans sa première période, de sillonner les mondes arabes, de croquer des scènes de la vie courante, en Turquie, sur les bords du Danube (1854) et en Egypte (1857). Il a su à merveille restituer la lumière diffuse dans la pénombre des harems, les corps un peu gras des femmes au bain turc, les merveilleuses couleurs des tapis, des soieries et des étoffes, des carreaux et des zelliges de l'art oriental.

Gérome, whose father was a goldsmith, studied with J.-H. Delaroche. His historical and mythological compositions, such as “Pygmalion and Galatea” (Metropolitan Museum of Art, New York City), were anecdotal, painstaking, often melodramatic, and frequently erotic. The surfaces of his paintings were highly finished, and he was fascinated with technical virtuosity. He was a good draftsman in the tight linear style of Jean-Auguste-Dominique Ingres and an inventive illustrator in the manner of Delaroche. A trip to Egypt in 1856 introduced an exotic element into his painting—e.g., “Prayer in the Mosque of 'Amr, Old Cairo” (c. 1860; Metropolitan Museum of Art). During the last 25 years of his life he concentrated on sculpture. As a teacher at the École des Beaux-Arts, he counted among his many pupils Odilon Redon and the American artists Thomas Eakins and J. Alden Weir. A highly successful artist, Gérome exerted great influence in the Paris art world. He was exceedingly hostile to the Impressionists and, as late as 1893, urged the government to refuse a bequest of 65 of their works.
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Art classique / Classical Art
4.9.06
Cal Tjader - The Prophet


Il est urgent de mettre en partage cette pépite méconnue de l'excellent vibraphoniste Cal Tjader - dont j'ai déjà parlé, (découverte dans le blog de Orgyinrythm décidément plein de bons disques), et acquise par mes soins pour une somme modique dans le "vide-grenier mondial", j'ai nommé ebay.
The Prophet est enregistré en 1968 pour Verve à New York. Le son y est extrêmement séduisant et, s'il s'apparente à une production de jazz lounge, c'est que l'arrangeur Don Sebesky y a laissé sa griffe en matière de choix instrumentaux - flûte (Hubert Laws), violons, percussions dosées et moins en avant que dans les albums plus latin jazz. L'élégance des mélodies (Warm song, Time for love) est à mettre au crédit de Joao donato avec qui Tjader avait envie de travailler depuis longtemps. Tout ça sans oublier l'efficacité du swing (Cal's Bluedo, Souled out), et les accompagnements de choeurs féminins très wwhhoo wwhhoo et chabada (The prophet, Temo Teimoso). Un pur délice !
1 Warm Song
2 Souled Out
3 A Time for Love
4 The Prophet
5 Aquarius
6 The Loner
7 Tema Teimoso
8 Cal's Bluedoo
This is an ecstatically beautiful album " wrote Herb Wong in the sleeve notes to this 1969 Cal Tjader lp.And I think he was right-I love this record .Cal got Joao Donato in on piano for this one who also wrote "Warm Song","Aquarius" and "Temo Teimoso"for the session.Cal knocked out "Souled Out",The Prophet""Cals Bluedo"and "The Loner" and added the standard "A Time for Love".He then added strings and vocals into the mix with the usual percussion / rhythm section and the combination works wonderfully as arranged by Don Sebesky.Moving from the swinging groove of the title track to the funky sound of Souled Out to the bossa influenced Donato input this lp hits the mark on every track .Beautiful jazz but also one for the lounge lovers. Orgyinrythm
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Jazz,
Latin Jazz
2.9.06
Claude Chabrol - Alice ou la dernière fugue (1976)
Par une nuit noire, une voiture roule sous une pluie torrentielle, dérape et vient percuter un obstacle. Alice, la conductrice, sortie miraculeusement indemne, se met à la recherche d'un abri. La lumière d'une maison isolée l'attire, son propriétaire semble la connaître et l'invite à passer la nuit. Le matin venu, elle se retrouve seule. Déconcertée, Alice veut quitter les lieux, mais la fuite s'avère impossible, tous les chemins empruntés la ramènent à son point de départ...
Avec Alice ou la dernière fugue, Chabrol nous plonge dans les années 70. La belle Silvia Krystel y est mise à nu (un peu) mais révèle aussi, outre sa plastique, des qualités rares d'émotion et de sensibilité. On y retrouve aussi André Dussollier, jeune homme (en pantalon blanc moule burnes patte d’ef'), ainsi que le formidable Charles Vanel (déjà âgé) en châtelain mystérieux.
Le fantastique se diffuse à travers peu de choses dans ce film : une atmosphère, un personnage féminin esseulé, à l'érotisme froid, une musique suggestive, des effets spéciaux un peu naïfs, à la « Truca », d’avant le numérique (mais qui fonctionnent parfaitement). Et voilà que la poésie de l'étrange se déploie dans le suspens de ce manoir où le temps et l'espace semblent connaître d'inquiétantes altérations. Les référence abondent Lewis Carroll bien sûr, mais aussi La Belle et la bête, pour la clôture fantastique de la propriété et le mystère de ce vaste manoir où tout lui vient à point nommé. Lointaine ressemblance, également, avec un épisode des Avengers où Emma Peel est enfermée dans un maison dont on ne sort jamais : « The House That Jack Built ».
Alice ou la dernière fugue reste une remarquable méditation sur la thématique de Through the Looking-Glass de Lewis Carroll et sur l'entre-deux-mondes qu'est le cinéma.
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Cinema
Miharu Koshi & Harry Hosono Jr. - Swing Slow

Miharu Koshi interprète de vieilles chansons françaises, revisitées entre cabaret et poème incongru. Dès les années 80, elle est devenue la collaboratrice quasi-attitrée d'Haruomi Hosono dans ses explorations exotiques et régressives. Un disque qui fonctionne un peu comme le catalyseur d'une machine à remonter le temps. Deux chansons oubliées, adaptées en duo sur fond de chœurs sirupeux, d'orgue Hammond et de piano kitsch, font mouche : I'm living it all up to you et Goodmorning, Mr Echo (Miharu Koshi fait l'écho, de sa voix fluette - voir l'extrait de concert en duo acoustique ci-dessous). L'accordéon d'une java parisienne accompagne des râpements de racleur, l'orgue se barre en joyeuses échappées solo, les percussions se lâchent en longues impros jazzystiques (Disappeared), bref le grand jeu de l'orchestre swing des années 50. Pure illusion : Hosono en est presque à lui seul l'homme-orchestre, avec sa palette hyperréaliste de synthés et d'échantillonneurs. Au fur et à mesure que les titres se déroulent, égayés par des interludes plus expérimentaux, se dégage une impression d'étrangeté irrésolue. On pourrait citer l'étonnante technique de chant de Koshi, ou encore les rapprochements inouïs d'époques et d'instruments, les bruitages loufoques d'un Spike jones ou d'un Dean Elliott, sans parvenir à saisir totalement le mystère de cette alchimie rétro-kitsch.
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1. WESTERN BOLERO Music by Miharu Koshi/Lyrics by M.Koshi & So-si Suzuki
2. TIME SCAN 1 Created by Haruomi Hosono
3. I'M LEAVING IT ALL UP TO YOU Words & Music by Don Harris & Dewey Terry Jr.
4. DISAPPEARED Music by Miharu Koshi/Lyrics by M.Koshi & So-si Suzuki
5. HOTEL ETOILES Music by Miharu Koshi
6. SNOW WAVE Music by swing slow
7. YUKI-ya-konko Japanese traditional song/Addapted by swing slow
8. GOOD MORNING, MR.ECHO Words & Music by Belinda & Bill Putnam
9. CAPYBARA Music by Miharu Koshi/Lyrics by M.Koshi
10. VOO DOO SURFER Music by swing slow
11. TIME SCAN 2 Created by Haruomi Hosono
12. PARADISE, VER.2 Music by Haruomi Hosono/Additional note by Miharu Koshi
This is a retro lounge album. It's cute and funny. Good Morning Mr. Echo cracks me up with HH singing and Miharu providing the voice of Mr. Echo. Sometimes there is clever use of synths substituting for lounge instruments.
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Exotica / Lounge
Stephen Anderson - Artworks
Mon goût pour les collages a trouvé dans le site Flickr.com (en lien dans la marge droite) une mine inépuisable de créations. Voici aujourd'hui quelques photographies des montages visuels en 3 dimensions et des collages de Stephen anderson, qui ressort largement du lot des propositions plus ou moins intéressantes que l'on peut trouver dans ce site.
Effets de superposition bien construits, originalité et humour, jeux avec des illustrations d'un autre temps, rapport texte image fertile en interprétations, voici un artiste qui mérite d'être suivi dans ses photomontages.
Effets de superposition bien construits, originalité et humour, jeux avec des illustrations d'un autre temps, rapport texte image fertile en interprétations, voici un artiste qui mérite d'être suivi dans ses photomontages.
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Graphisme / Artwork
1.9.06
Introducing the psychedelic soul jazz guitar of Joe Jones

Guitariste mineur dans la galaxie du jazz, où il n'eut jamais la reconnaissance qu'il méritait, - le surnom de Boogaloo lui ayant été donné pour éviter la confusion avec quelques "Joe Jones" plus célèbres - Ivan "Boogaloo" Joe Jones n'en reste pas moins brillant dans le courant soul jazz des années 1966 à 78, avec une poignée d'albums pour le label Prestige - où il livre un jeu rapide, souvent empreint d'un feeling blues mais avec un solide sens du groove. Notamment dans ce LP où il interprète - sous roulements de congas - un "Mindbender" emprunté au répertoire de Ray Charles ; une version funky du titre de Donovan "There is a mountain". Dans "Games", un morceau écrit par Joe Jones, l'orgue domine l'ensemble avec un tempo proche du superbe "Nuther'n Like Thuther'n" de Willis Jackson, avec qui Joe Jones a d'ailleurs collaboré. Rien ne se perd, surtout dans les bonnes marmites !
(a) - Ron Carter : bass ; Ben Dixon : drums ; Richard Landrum : congas & bongos
(b) - Limerick Knowles Jr : organ ; Alexander Whiterspoon : fender bass ; Bud Kelly : drums.
In the short decade (1966-78) he recorded and performed, guitarist Ivan "Boogaloo Joe" Jones was never really given his due as an exciting, rapid-fire R&B plecterist. His sound and style clearly derived from the blues. But it was a solid understanding of rock that Jones brought to his style of jazz. The result, outlined on a handful of albums for Prestige, was a healthy mix of finger-licking funk, sweet-natured soul and infectious blues.
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Jazz
22.8.06
Beyond - Black day to freedom

Beyond est le premier numéro d'un projet réalisé par un collectif d'artistes - menés par Rob Chiu et Glenn Hardaker - autour d'une initiative éducative en Angleterre. Ce projet vise à "explorer les tensions entre l'utilisation des médias numériques dans des zones d'éducation pluriculturelles et les limites inhérentes placées dans l'éducation par le contexte socio-culturel de la société et par l'enseignement." Dit comme ça (c'est la traduction du programme de Beyond en édito) ça ressemble à un objet intello-didactico-prétentieux.
Il faut se pencher sur les dessins et illustrations des nombreux graphistes et sur le superbe film réalisé par Rob Chiu pour constater que le propos est ancré dans le réel de la guerre, de la persécution et de la privation de liberté, quels que soient les styles graphiques et les thèmes choisis : ici des taches, du "sang d'encre", des griffures de barbelés ; là les images lisses de Rob Chiu qui saisissent les instantanés d'une fuite éperdue de réfugiés devant les bruits de bottes, de pales d'hélicoptères et les frappes erratiques des groupes armés : la Liberté a encore des jours noirs devant elle.




Beyond™ is a collaborative project between Professor Glenn Hardaker, Huddersfield University Business School, and Rob Chiu, The Ronin.
What may be viewed as a polarised relationship is actually providing a unique partnership driven by creativity and the desire for social change. Issue one, entitled "Black Day to Freedom" covers issues relating to refugees, displacement and asylum seekers.
Beyond™ addresses social issues via illustration, design and motion thus raising the awareness of the subject via a unique informal learning route.
All contributions to the book including editorial support have been provided FREE and this illustrates the unique nature of this newly emerging collective of internationally recognised creatives from around the world. The book consists of contributions from internationally recognised designers, photographers, writers and artists.
Accompanying the book is a truly inspiring and thought provoking DVD containing a short film/animation realised by The Ronin.
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Fanzine / Outsider Edition
21.8.06
Little Coati Mundi - The former 12 year old genius

J'ai retrouvé avec plaisir dans une brocante le LP (le seul à ma connaissance) du trublion de Kid Creole & the Coconuts, j'ai nommé Andy Hernandez - aka Coati Mundi, vibraphoniste, guitariste et sideman d'August Darnell dans les années 80. Dès 81 sort la première bombe de Mundi himself : Que pasa / Me no pop I qui devient "Single of the Year" - et lui laisse entrevoir un succès perso. D'où l'album solo édité en 83, où il donne libre cours à sa folie musicale et parolière (mais Me no pop I n'y est pas - dommage !). Le style de Coati Mundi est assez proche de ce qu'il concocte avec son acolyte, un peu moins dans la mouvance new wave tropicale, mais toujours drôle, bavard, plein de choeurs féminins et musicalement accrocheur. Il excelle dans une sorte de sprachegesange latino-américain ; genre parlé-chanté où le théâtre-bouffe (voire bouffon) de Mundi rencontre disco et rap chicano bon enfant, violons et guitares funky. Sa parodie du flow et de la surenchère des rappers des années 80 dans "Everybody's on an ego trip" est désopilante ; le très groovy "Como esta usted ?" n'a pas pris une ride et le premier morceau "Sey Hey" est à l'honneur dans le double CD de la compilation "Mutant disco", qui réexhume les perles de punk-funk et de disco déjantée des années new wave. A redécouvrir !
En rip la face A / Class A rip
Sey Hey!
Oh That Love Decision
Beat Back the Bullies
Como Esta Usted?
Everybody's on an Ego Trip
Let's get serious here. Coati Mundi is a genius, fantastic producer and massive song-writer! But he'll always be considered as Kid Creole's sidekick, a sort of pre-Bez with vibraphone-playing abilities. I'd like to know why he released so few music. This is his ONLY album (un-fuckin-believable) and it's purely amazing! Here you'll find effective tracks for the dancefloors, and also kinda avant-garde, almost psychedelic stuff - in a New York way, of course, like Kid Creole meets Talking Heads. You can play it to your friends and tell them this is a new record from South America underground, they'll buy it.
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Atypique / Peculiar
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