2.9.06

Miharu Koshi & Harry Hosono Jr. - Swing Slow


Miharu Koshi interprète de vieilles chansons françaises, revisitées entre cabaret et poème incongru. Dès les années 80, elle est devenue la collaboratrice quasi-attitrée d'Haruomi Hosono dans ses explorations exotiques et régressives. Un disque qui fonctionne un peu comme le catalyseur d'une machine à remonter le temps. Deux chansons oubliées, adaptées en duo sur fond de chœurs sirupeux, d'orgue Hammond et de piano kitsch, font mouche : I'm living it all up to you et Goodmorning, Mr Echo (Miharu Koshi fait l'écho, de sa voix fluette - voir l'extrait de concert en duo acoustique ci-dessous). L'accordéon d'une java parisienne accompagne des râpements de racleur, l'orgue se barre en joyeuses échappées solo, les percussions se lâchent en longues impros jazzystiques (Disappeared), bref le grand jeu de l'orchestre swing des années 50. Pure illusion : Hosono en est presque à lui seul l'homme-orchestre, avec sa palette hyperréaliste de synthés et d'échantillonneurs. Au fur et à mesure que les titres se déroulent, égayés par des interludes plus expérimentaux, se dégage une impression d'étrangeté irrésolue. On pourrait citer l'étonnante technique de chant de Koshi, ou encore les rapprochements inouïs d'époques et d'instruments, les bruitages loufoques d'un Spike jones ou d'un Dean Elliott, sans parvenir à saisir totalement le mystère de cette alchimie rétro-kitsch.

Rip access mp3

1. WESTERN BOLERO Music by Miharu Koshi/Lyrics by M.Koshi & So-si Suzuki
2. TIME SCAN 1 Created by Haruomi Hosono
3. I'M LEAVING IT ALL UP TO YOU Words & Music by Don Harris & Dewey Terry Jr.
4. DISAPPEARED Music by Miharu Koshi/Lyrics by M.Koshi & So-si Suzuki
5. HOTEL ETOILES Music by Miharu Koshi
6. SNOW WAVE Music by swing slow
7. YUKI-ya-konko Japanese traditional song/Addapted by swing slow
8. GOOD MORNING, MR.ECHO Words & Music by Belinda & Bill Putnam
9. CAPYBARA Music by Miharu Koshi/Lyrics by M.Koshi
10. VOO DOO SURFER Music by swing slow
11. TIME SCAN 2 Created by Haruomi Hosono
12. PARADISE, VER.2 Music by Haruomi Hosono/Additional note by Miharu Koshi

This is a retro lounge album. It's cute and funny. Good Morning Mr. Echo cracks me up with HH singing and Miharu providing the voice of Mr. Echo. Sometimes there is clever use of synths substituting for lounge instruments.

Stephen Anderson - Artworks

Mon goût pour les collages a trouvé dans le site Flickr.com (en lien dans la marge droite) une mine inépuisable de créations. Voici aujourd'hui quelques photographies des montages visuels en 3 dimensions et des collages de Stephen anderson, qui ressort largement du lot des propositions plus ou moins intéressantes que l'on peut trouver dans ce site.
Effets de superposition bien construits, originalité et humour, jeux avec des illustrations d'un autre temps, rapport texte image fertile en interprétations, voici un artiste qui mérite d'être suivi dans ses photomontages.


RockYou slideshow | View | Add Favorite

1.9.06

Introducing the psychedelic soul jazz guitar of Joe Jones


Guitariste mineur dans la galaxie du jazz, où il n'eut jamais la reconnaissance qu'il méritait, - le surnom de Boogaloo lui ayant été donné pour éviter la confusion avec quelques "Joe Jones" plus célèbres - Ivan "Boogaloo" Joe Jones n'en reste pas moins brillant dans le courant soul jazz des années 1966 à 78, avec une poignée d'albums pour le label Prestige - où il livre un jeu rapide, souvent empreint d'un feeling blues mais avec un solide sens du groove. Notamment dans ce LP où il interprète - sous roulements de congas - un "Mindbender" emprunté au répertoire de Ray Charles ; une version funky du titre de Donovan "There is a mountain". Dans "Games", un morceau écrit par Joe Jones, l'orgue domine l'ensemble avec un tempo proche du superbe "Nuther'n Like Thuther'n" de Willis Jackson, avec qui Joe Jones a d'ailleurs collaboré. Rien ne se perd, surtout dans les bonnes marmites !

(a) - Ron Carter : bass ; Ben Dixon : drums ; Richard Landrum : congas & bongos
(b) - Limerick Knowles Jr : organ ; Alexander Whiterspoon : fender bass ; Bud Kelly : drums.

In the short decade (1966-78) he recorded and performed, guitarist Ivan "Boogaloo Joe" Jones was never really given his due as an exciting, rapid-fire R&B plecterist. His sound and style clearly derived from the blues. But it was a solid understanding of rock that Jones brought to his style of jazz. The result, outlined on a handful of albums for Prestige, was a healthy mix of finger-licking funk, sweet-natured soul and infectious blues.

22.8.06

Beyond - Black day to freedom


Beyond est le premier numéro d'un projet réalisé par un collectif d'artistes - menés par Rob Chiu et Glenn Hardaker - autour d'une initiative éducative en Angleterre. Ce projet vise à "explorer les tensions entre l'utilisation des médias numériques dans des zones d'éducation pluriculturelles et les limites inhérentes placées dans l'éducation par le contexte socio-culturel de la société et par l'enseignement." Dit comme ça (c'est la traduction du programme de Beyond en édito) ça ressemble à un objet intello-didactico-prétentieux.
Il faut se pencher sur les dessins et illustrations des nombreux graphistes et sur le superbe film réalisé par Rob Chiu pour constater que le propos est ancré dans le réel de la guerre, de la persécution et de la privation de liberté, quels que soient les styles graphiques et les thèmes choisis : ici des taches, du "sang d'encre", des griffures de barbelés ; là les images lisses de Rob Chiu qui saisissent les instantanés d'une fuite éperdue de réfugiés devant les bruits de bottes, de pales d'hélicoptères et les frappes erratiques des groupes armés : la Liberté a encore des jours noirs devant elle.





Beyond™ is a collaborative project between Professor Glenn Hardaker, Huddersfield University Business School, and Rob Chiu, The Ronin.
What may be viewed as a polarised relationship is actually providing a unique partnership driven by creativity and the desire for social change. Issue one, entitled "Black Day to Freedom" covers issues relating to refugees, displacement and asylum seekers.
Beyond™ addresses social issues via illustration, design and motion thus raising the awareness of the subject via a unique informal learning route.
All contributions to the book including editorial support have been provided FREE and this illustrates the unique nature of this newly emerging collective of internationally recognised creatives from around the world. The book consists of contributions from internationally recognised designers, photographers, writers and artists.
Accompanying the book is a truly inspiring and thought provoking DVD containing a short film/animation realised by The Ronin.

21.8.06

Little Coati Mundi - The former 12 year old genius


J'ai retrouvé avec plaisir dans une brocante le LP (le seul à ma connaissance) du trublion de Kid Creole & the Coconuts, j'ai nommé Andy Hernandez - aka Coati Mundi, vibraphoniste, guitariste et sideman d'August Darnell dans les années 80. Dès 81 sort la première bombe de Mundi himself : Que pasa / Me no pop I qui devient "Single of the Year" - et lui laisse entrevoir un succès perso. D'où l'album solo édité en 83, où il donne libre cours à sa folie musicale et parolière (mais Me no pop I n'y est pas - dommage !). Le style de Coati Mundi est assez proche de ce qu'il concocte avec son acolyte, un peu moins dans la mouvance new wave tropicale, mais toujours drôle, bavard, plein de choeurs féminins et musicalement accrocheur. Il excelle dans une sorte de sprachegesange latino-américain ; genre parlé-chanté où le théâtre-bouffe (voire bouffon) de Mundi rencontre disco et rap chicano bon enfant, violons et guitares funky. Sa parodie du flow et de la surenchère des rappers des années 80 dans "Everybody's on an ego trip" est désopilante ; le très groovy "Como esta usted ?" n'a pas pris une ride et le premier morceau "Sey Hey" est à l'honneur dans le double CD de la compilation "Mutant disco", qui réexhume les perles de punk-funk et de disco déjantée des années new wave. A redécouvrir !

En rip la face A / Class A rip

Sey Hey!
Oh That Love Decision
Beat Back the Bullies
Como Esta Usted?
Everybody's on an Ego Trip

Let's get serious here. Coati Mundi is a genius, fantastic producer and massive song-writer! But he'll always be considered as Kid Creole's sidekick, a sort of pre-Bez with vibraphone-playing abilities. I'd like to know why he released so few music. This is his ONLY album (un-fuckin-believable) and it's purely amazing! Here you'll find effective tracks for the dancefloors, and also kinda avant-garde, almost psychedelic stuff - in a New York way, of course, like Kid Creole meets Talking Heads. You can play it to your friends and tell them this is a new record from South America underground, they'll buy it.

30.7.06

Iparmüveszeti Muzeum


Une vue de la verrière du Musée des arts Décoratifs à Budapest.

28.7.06

Pascin

La mélancolique, 1909.

Hilda, 1927.

Couple insolite dans une salle d'attente, 1907-1908.

J'aimerais recommander à tous les amateurs d'art et de l'Ecole de Paris le beau petit livre de Stephan Lévy-Kuentz sur Jules Pascin (1885/1930), artiste méconnu, doté d'un extraordinaire coup de crayon, mais peintre aussi, de la satire sociale, du désir et de la chair, du monde des prostituées qu'il fréquente assidûment dans les années 20. Pascin oscille sans cesse entre la virtuosité, la séduction, le paraître, un équilibre auquel il aspire désespérément et sa nature anxieuse, tourmentée, insatisfaite, en proie au doute permanent sinon au désespoir. C'est sous l'angle d'une approche à la fois biographique et poétique du tourment que Lévy-Kuentz a choisi d'axer son essai. C'est une réussite, Pascin vit sous nos yeux son entrée dans la cour des peintres parisiens du début du XXème siècle. Voici le premier paragraphe de l'essai, la figure altière de Pascin débarque à la Gare de l'Est et c'est déjà un poème :
Stephan Lévy-Kuentz, Pascin et le tourment, Les Essais, Editions La Différence, 2001, 114 pp. ; accessible ici

23.7.06

Uzect Plaush - More Beautiful Human Life !


C'est sous cet anagramme que l'on peut écouter une expérimentation parallèle du musicien australien Paul Schütze, explorateur de tribalismes urbains et de jungles futuristes, cadastrant par grandes plages les innombrables fourmillements de la ville. Cette fresque vivante et communicative est une de ses plus belles pièces.
Sans être toujours plus "accessible" que son travail sous son nom, "More Beautiful Human Life !" est en tout cas plus ludique, construit comme une superposition progressive de timbres, de percussions, d'échantillons de gamelans re-traités, de bruits synthétiques qui s’entraînent et s’enrichissent mutuellement, se répondent, dans une sorte d’accrétion cyclique. Auto Radia ou Wetzone Rapture forment des boules scintillantes de mille sons, dévalant vers l’inéluctable.
Quelques uns des titres rappellent la spiritualité de The rapture of Metals. D’autres sont agrémentés de fraîches bulles sonores et de fulgurances ralenties, dans un kaléidoscope d’images tournoyantes, exprimant la densité d’un trafic, les flux de la ville. C’est un film onirique, où la beauté apparente des images masque une angoisse latente, qui donne le vertige ; un peu comme ces rêves dont on sort brusquement, stupéfié, avec l’impression d’avoir fait une chute immense et fatale.

"With More Beautiful Human Life!, Apollo Records releases the first album by UZECT PLAUSH, pseudo of long-time electronic music pioneer PAUL SCHUTZE. Born in Australia but currently living in London, Schütze started in music as an improvising percussionist and synthesist. He studied Indian drumming and was the founder of Melbourne-based seminal eighties improvising group LAUGHING HANDS, with whom he recorded several albums.
After a break in performing during which he worked as a DJ, he was approached to write music for a feature film. Since then he has scored over twenty films, worked as a sound designer, co-curated the multi-media installation Deus Ex Machina and released five solo albums. More Beautiful Human Life! is his sixth release and the first under the banner Uzect Plaush, which designates a new and seperate stream of work.
The strongest influence on Schütze's work is definitely Can, closely followed by Brian Eno, Jon Hassell, Arab an Indian music, Nina Rota and Miles Davis. But good techno or jazz moves him as much as raga or the sound of a helicopter. Driven by rhythm and timbre, his music breathes its own particular internal logic.
Schütze's music is marked by a sense of simultaneous complexity and stasis; it's an infinite snapshot in a wider and undisclosed story. "I don't quite trust music which doesn't hold or compress time for the listener.", he says. "I really hate most 19th century romantic narrative music, the tradition which is still the backbone of virtually all film scores and even pop music over a century later." Painting cinematic images for the mind, Schütze's broad strokes of nimble space tones and arcane percussions constitute something which can best be described as futurist ballet and anti-chamber music - if it can be described at all."

22.7.06

Boleslas Biegas





Le poète symboliste belge, Émile Verhaeren, a écrit dans une lettre à Biegas : «Vous contemplez le monde avec naïveté et profondeur... vos œuvres plastiques sont des poèmes... Voilà pourquoi je vous aime, surtout dans votre lutte avec la réalité profonde et frissonnante que vous douez d'une intensité telle que l'âme humaine y apparaît comme chez les vrais maîtres. »

J'ai pour ma part une grande admiration pour Biegas, dont l'univers, fortement onirique, convoque des figures majestueuses au symbolisme très ancien. Ces châteaux scintillants formés de grands chevaliers aux couleurs de jeux de cartes, châteaux de cartes ?. Ces peupliers élancés dans une nuit piquetée de mystère ; ces têtes qui apparaissent sur les murailles, comme les chandeliers vivants dans l'oeuvre de Cocteau "La Belle et la Bête". La chair, le fer et la pierre ne font qu'un, trinité inquiétante de démons ? Biegas nous dévoile une face primitive et mystique de la psyché humaine.

"Boleslas Biegas (1877-1954) était un artiste polonais installé en France durant la première moitité du XXème siècle. Il fut aussi sculpteur, peintre et auteur dramatique. Salué par Aleksander Swietochowski comme un nouveau Giotto (comme lui il fut berger), il accomplit des études grâce à la générosité de ses mécènes, mais son individualisme d'avant-garde provoqua son renvoi de l'Académie des Beaux-Arts de Cracovie. Lié d'abord avec la Sécession viennoise, il s'installa en 1902 à Paris où il vécut jusqu'à sa mort en 1954. Son primitivisme et son géométrisme annoncent le cubisme et le surréalisme, mais ses meilleurs œuvres appartiennent au symbolisme."
Extrait d'un colloque donné par Krzysztof Jezewski à la Bibliothéque polonaise de Paris, le 25 octobre 1999

13.7.06

Young Holt Unlimited - Oh Girl



Une petite merveille de funk organique, tardive dans la carrière de ces deux briscards d'un jazz swingant et groovy, qui connurent leur apogée avec des titres tels que Wack-Wack, ou leur interprétation de Soulful Strut au début des années 60. Eldee Young (bassiste) et Isaac Redd Holt (batteur) rejoignent à cette époque la section rythmique de Ramsey Lewis puis reforment un groupe sous le nom de Young & Holt Unlimited. Ils ont élaboré en duo/trio une belle pulsation rythmique, que l'on retrouve intacte dans ce LP, paru en 1973. Oh Girl se démarque par un son funk électrique, même si quelques ballades lorgnent vers une sorte de Rythm'n Jazz un peu loungy, mais... chez Martian Shaker, on aime beaucoup ça. Young & Holt se sont adjoint pour cet enregistrement les services de Ken Chaney au piano et piano électrique, Marcus Curry à la guitare électrique et Ralph Mac Donald aux congas et percussions ; coloration latine qui se retrouve dans le courant funk des seventies.
Eumir Deodato fait les arrangements de cordes, ce qui ne gâche rien, car les jeux de basse à 8 cordes, basse et guitare électriques apparaissent comme un canevas d'énergies et de vibrations dansantes. J'avoue préférer deux titres, le premier ("Yes we can" d'Allen Toussaint) et le dernier ("Bumpin' on young street" de Bobby Lyle), deux titres où ce dernier remplace Ken Chaney.
Nota : Le rip de chaque face est d'un seul tenant.

Face A :
1. Yes We Can Can
2. Oh Girl
3. Can't Get Enough of You
4. Hi-Fly
5. Where Is the Love?

Rip acess-both sides-2 files

Face B :
6. Rubber Lips
7. Such a Beautiful Feeling
8. Food Stamps
9. I'm Still Here
10. Bumpin' on Young Street

A 'rare groove' classic! Bassist Eldee Young and drummer Isaac 'Red' Holt spent the 1960's as Ramsey Lewis' rhythm section. By the time they recorded this soul-jazz/instrumental groove classic in 1972 (produced by Michael Cuscuna, also known for his work on the Art Ensemble's Bap-Tizum LP), Young & Holt were solid stoned groove monsters -- similar to Curtis Mayfield's early '70s material. Plenty of samples have been lifted from this album featuring percussionist Ralph McDonald and keyboardists Richard Tee & Bobby Lyle.

7.7.06

Eastern Europe Groovz


Face A :

01 : Fritz Pauer trio / Red Roof
02 : Jazz Celula / Probuzeni
03 : Aura Urziceanu / Surpriza
04 : Novy Singers / Dancing Nuts
05 : Manfred Ludwig Sextett / Zwielicht
06 : Orchester Klaus Lenz / Zottos
07 : Marta Szirmai / Bagira
08 : Manfred Ludwig Sextett / Gral

Face B :

01 : Aura Urziceanu / Ciocanitoarea
02 : Michael Fritzen Quartet / Rien
03 : Gustav Brom / Bounty
04 : Krystyna Pronko / Oto Przyczyna
05 : Garay Ensemble / Dried Up From The Lake
06 : Modern Jazz Big Band 65 / Kleine lied für Eric

6.7.06

Georges Grosz - Collages

Good Citizens, 1928.

Love at First Sight, circa 1957

Cookery class, 1958

Dadaïstes et surréalistes ont très tôt trouvé dans l'art du collage un potentiel de détournement du sens ; c'est que le XXème siècle voit se développer les techniques de reproduction industrielle de l'image, le passage du noir & blanc à la quadrichromie. Du coup journaux, illustrés, affiches de réclame et mass media offrent une matière iconique inédite à des artistes tels que Raoul Haussman, Max Ernst, Hannah Höch, Johan Heartfield.
Voici quelques pièces de l'artiste allemand Georges Grosz, exilé aux Etats-Unis dans les années 50. Ces montages seront parmi ses dernières créations car Grosz décèdera peu après. On y trouve toutes les modalités de son approche poétique et suvbservive, entre humour, manifeste polémique et désespoir. Humour dans l'inversion des parties de corps masculins et féminins - le retournement des yeux dans le bien nommé "Love at first sight" ; grotesque fascination pour la chair et la viande, en pâture dans un sage cours de cuisine pour futures ménagères ; ou encore la poésie du vide de ces "bons citoyens", vacuité des corps, qui semble symboliser le nihilisme d'un Nietszche ou plus simplement Magritte ou plus légèrement encore - dans la culture et le cinéma populaire de l'époque - le mythe de l'homme invisible.

Georges Grosz, Collagen - Collages, Galerie fred Jahn, München, 66 pp., 2005.

5.7.06

François de Roubaix - L'homme-orchestre B.O. / O.S.T.


"Récement réédité dans la très bonne collection Universal "Écouter le cinéma" sous les bons auspices de Stéphane Lerouge, voici le chef d'oeuvre pop de de François De Roubaix. L'album de tous les excès où l'on peut entendre les De Funès père et fils chanter avec bonheur (Les poupons totalement imparable, Ballet du rêve, Yacht façon Screeming Jay Hawkins). Entre jazz, pop et symphonie psychédélique, De Roubaix convie tous les instruments (Flûtes, cuivres, cordes, orgues, guitares, moog) à des bachanales musicales sans limites. Et ça groove sévère quand la batterie la basse et l'orgue s'élancent sur des morceaux comme Répétition, Audition et Piti piti pas. Les choeurs féminins sont décalés et tout simplement délicieux. Un des disques les plus jouissifs et les plus résolument pop de François De Roubaix. L'édition originale en vinyl étant extrêmement rare (100 exemplaires dans le monde) on ne remerciera jamais assez Stéphane Lerouge pour cette réédition essentielle qui dévoile un peu plus l'oeuvre sublime et de François de Roubaix."
Source Le Chiffre / Scopia.
On ne saurait mieux dire que nos amis de Scopia, c'est pourquoi je me permets de citer leur chronique.

This post deals with François de Roubaix, one of the most inventive french soundtrack composer. With his amazing juxtapositions of acoustic and electronic sounds, he has defined the modern sound of the 70’s.

2.7.06

The Crunch mixed by the 45 Midgets



C'est édité chez Fat City Recordings, c'est 4 longues plages déferlantes de mélodies vintage et de grooves effrénés, collés avec ou sans transition à des bribes de hip hop, des ballades R'n B, du funk sixties, de la soul qui nous évoque de vagues souvenirs et des kitscheries dont on a perdu le nom depuis longtemps ; mais il faut simplement retenir celui de ces 2 DJ experts du mix (Christian McBride et DJ Ilson), collectionneurs de 45 tours de solderies, dont ils enchaînent des cuts de 10 à 20 secondes dans une tapisserie rétrojouissante.

Described as the Scouse 'Brainfreeze', Liverpool's 45 Midgets (Fat City Recordings' 45 Kings compiler Christian McBride and DJ Ilson) are the crew behind this cut up of '60s and '70s funk and soul 45s by "the world's smallest DJs". Residents at one of Liverpool’s longest running hip hop clubs, 'No Fakin', the pair pull together a broad range of vintage cuts, from Solomon Burke snd Jo Ann Garrett to obscure such as The Mugs, The Honour Society, Gene Boyd, Robert Potts, Junkyard Band and better known stuff like Ruby Andrews, Madeline Bell, Something Real and Jimmy Gray Hall's anthemic jazz track ‘Be That Way'.

28.6.06

Aktuala - Aktuala


Amateurs de rock progressif, si vous ne connaissez pas cette pièce, sortie en 1973, d'un groupe italien, précipitez-vous sur le lien vers le blog "Garden of delight". C'est une merveille d'étrangetés acoustiques et d'influences ethniques, de dérives indo-jazz et ambient. Nos amis de "Garden of delight" citent à titre de comparaison tous les groupes ci-dessous. Pour ma part, je n'irai pas par 4 chemins : cet album annonce avec quelques années d'avance Brian Eno et Robert Fripp dans leur énergique mixture de musiques d'Orient, d'Afrique et d'Occident : My life in the bush of ghosts. Disque fameux qui a donné naissance au concept du 4ème monde, et on est en plein dedans ; sauf qu'ici tout est joué sans bandes, avec instruments en direct et en douceur. L'autre différence est que l'ambiance musicale emprunte davantage à l'Orient qu'à l'Occident : plus des planances hindouisantes et de moirures atonales que de rock. On croirait entendre Terry Riley traversant avec ses sonorités électroniques des jungles remplies d'oiseaux, des nappes de ragas, des réminiscences de gamelan, pour débouler dans des concerts de musique traditionnelle africaine.


This is should appeal to everyone who likes Third Ear Band ,Embryo ,Area's most experimental stuff ,Penguin Cafè Orchestra ,Clivage's "Regina Astris", Oregon, Limbus 4, Kalacakra, Kaleidoscope (U.S.A.), between ,Agitation Free's "Malesch" and Popol Vuh's "Hosianna Mantra".

Line-up- Walter Maioli / flute, harmonica, oboe- Daniele Cavallanti / saxophone- Antonio Cerantola / guitar- Lino Vaccina ('Capra') / percussion- Laura Maioli / percussion

27.6.06

Marie-Noel Doby - Collages




Dans la continuité du beau travail numérique de Nik Cohn et Guy Peellaert, voici les collages analogiques en papier découpé de Marie-Nöel Döby, artiste au talent éclatant, dont je ne connais que le nom (pas sûr pour le sexe) mais dont je ne peux que vous recommander l'achat de ses petits livres joliment manufacturés sur de la carte kraft, et offrant un univers surréaliste, des imbrications imprévues et fertiles de personnages, d'époques et de citations esthétiques.

25.6.06

Billy Wooten - The wooden glass


Vibraphoniste obscur, Billy Wooten a néanmoins participé aux célèbres "Visions" et "Shades of green" de Grant Green, chez Blue Note. Ce live enregistré en 1972 à Indianapolis, ville dont il est tombé amoureux et où il est installé dès les années 70, est porté par "The wooden glass", le combo résident de la salle "The 19th Hole Night", où Wooten joue pendant des années. Le son est plein d'une énergie électrique. "Monkey hips and rice" démarre sur les chapeaux de roue, avec orgue et vibraphone en avant. "Joy ride" est une longue pièce jazz rock menée par un solo de guitare nerveux et inspiré ; ces types jouent comme si le temps leur était compté, et le résultat est jouissif. "In the rain" est un des joyaux de Wooten, ballade soulfunk, où il donne le meilleur de son jeu de vibraphone inventif et roboratif, dans des éclairs d'orage.

Voici les trois premiers titres de cet album :
(rip d'un seul tenant)
01 - Monkey hips and rice
02 - We've only just begun
03 - In the rain.

Mad funky vibes from The Wooden Glass -- a group led by vibist Billy Wooten -- an obscure player in the history books, but one who has had a huge influence on 21st Century groove! Billy's got a hard style on the vibes that's like Bobby Hutcherson and Roy Ayers at their soulful best -- working here with a tight combo that includes guitar and organ, very much in the mode of his classic work with the slightly more famous (although equally obscure) Indianapolis combo The Ninteenth Whole! The set's a live one, but it really cooks with a sweet electric feel -- echoey, funky, and soulful -- as tunes spin out in a staggering approach to the vibes that's unmatched by any record of its time. Billy was a huge influence on Madlib and the sound of Yesterday's New Quintet -- and hearing this set, it's virtually a blueprint for that group's current work! Includes great covers of "In The Rain", "Day Dreaming", and "Love Is Here" -- plus Wooten's excellent original tracks "Monkey Hips & Rice" and "Joy Ride".

Recorded live at the 19th Whole Night Club 1972, Indianapolis, IN
Billy Wooten (vibes); William Roach (guitar); Emanuel Riggins (organ); Harold Cardwell (drums)

Le Hammond Inferno - East of Suez


Ce duo de DJ des années 90 a touillé pas mal de musiques rétro, pop et exotiques avec un ordinateur et un bonheur inégal. Mais leur premier maxi - édité en vinyle uniquement et devenu rare - comporte 4 titres exploratoires de la veine moyen-orientale à la manière de Karminsky Experience dans "The Hip Sheikh". "Cairo" emprunte le thème de "Baby Elephant Walk" et évolue, entre clarinette et percussions pêchues, vers une dérive ambient du plus bel effet. Sur l'autre face, Marrakesch est une belle pièce de néo-exotica mêlant un sample thématique de "Le Livre de la Jungle" à d'autres mélodies arabes sinueuses et délicieusement sensuelles. Voici déjà Cairo et Harem, pour les amateurs d'arabica et de robusta mixés en live.

18.6.06

Toshio Saeki - Japon Intime




Hokusai, Yoshitoshi et Ekin, ces anciens maîtres graveurs fous de dessins cruels, grotesques ou lubriques, ont leur digne descendant: Toshio Saeki. La nonne vicieuse, le vieillard à la tête de phallus, la femme à trois têtes, les amants ebouillantés, l'écolière possédée par l'esprit-renard... autant de personnages issus d'une imagination débordante et qui se jouent avec maestria de la culture érotique du Japon.

Toshio Saeki, Japon intime, Albin Michel, 88 pp. en couleurs, 1990.

17.6.06

100 % Pure Poison - Coming right at you



Cet album a été enregistré très loin du berceau de la soul funk, puisque 100% Pure Poison est la formation insolite d'un groupe de soldats américains basés à Berlin dans les années 70. Peu après leur démobilisation, en 1974, ils gravent pour EMI International cette pièce rare devenue culte, et acquièrent une belle notoriété en Europe. Le guitariste et leader du groupe, Danny Leake, de retour à Chicago, travaillera par la suite en tant qu'un ingénieur et producteur avec une grande sélection d'artistes, tels que Janet Jackson et Stevie Wonder. Le disque a été réédité par le label britannique Soul Brothers. "Coming Right At You" est un disque qui évoque plusieurs groupes de l'époque : le déploiement choral, sensuel, rappelle les Temptations avec Norman Whitfield ; l'instrumentation bariolée, les arrangements sophistiqués n'ont rien à envier aux Blackbyrds. Côté éfficacité soyez rassurés, le Poison agit vite et pénètre rapidement les sens.

1 - You Keep Coming back
2 - No More City, No More Country
3 - Boarding Pass
4 - Holes In My Shoes
5 - My Little Someone
6 - Windy C
7 - (Bet You Say) You Want To Make It With Me
8 - Don't Let Your Pride Overpower Your Love
9 - (And When I Said) I Love You
10 - Puppet On A Chain

One of the rarest soul records of the 70s - recorded in Germany by a bunch of American servicemen on leave, but with a sound that's right out of the Chicago or Detroit groove of the pre-disco years! The group's great with both the funky and soulful material - hitting hard with monster groovers like "Holes In My Shoes" and the jazzy break classic "Windy C", and keeping it sweet and mellow on ballads like "My Little Someone" and "Boarding Pass". The album's got a great sound overall - almost like some of the jazzy soul albums on Fantasy from the mid 70s -- and the quality of the vocals and instrumentation is great throughout. Titles include "I Love You", "Bet You Say You Want To Make It With Me", "No More City, No More Country", and "You Keep Me Coming Back".

13.6.06

Marcel Béalu - L'expérience de la nuit

Il y a une qualité éminemment fantastique des textes de Béalu, qui a suscité l'admiration de plusieurs écrivains et surréalistes français (Max Jacob, Artaud, Paulhan, André Pieyre de Mandiargues). On retiendra en particulier son œuvre narrative en prose comme l’une des meilleures du fantastique français contemporain. Pour Béalu (fondateur de la revue Réalités secrètes, 1955-1971), le fantastique ne se sépare pas du réel, qui est toujours insolite si l’on sait le regarder : il contient " une nuit qui est partout " ; il est onirique. Les récits de Béalu montrent des espaces perturbés, des lieux (souvent urbains) qui semblent anodins et se transforment en prison, ruine, labyrinthe. Le temps peu se dédoubler ou s’accélérer...

Découvrez dès maintenant le début de son roman : L'expérience de la nuit.

Marcel Béalu - L'expérience de la nuit, √erso - Phébus, 1990, 224 pp. accessible ici





10.6.06

Os Cobras - O LP



Os Cobras est la formation temporaire d'un seul album, mais néanmoins mythique, titré "LP", comme si l'on avait là "le" 33 tours absolu de la bossa jazz samba. Le groupe est composé à la base de Tenorio Jr (piano), José Carlos (basse), Milton Banana (batterie) et une section de cuivres à géométrie variable : Raulzinho (trombone), Hamilton (trompette). A cela viennent s'ajouter quelques pointures plus ou moins connues comme Meirelles, Paulo Moura, Jorginho, Aurino et Cipo.

Quintessência
Nanã
Depuis de amar
Adriana
Praia
Uganda
The blues walk
40 Graus
Chão
Menina demais
Mar, amar
Moça da praia

9.6.06

Joan Fontcuberta ou l'art de la mystification

Joan Fontcuberta est un artiste espagnol, né en 1955, photographe, plasticien, entomologiste, botaniste, astronaute, zoologue, en somme un mystificateur génial et plein d'humour. Sa palette va de la mystification "mystique" (dans un prétendu monastère de Valhamonde, où une communauté religieuse orthodoxe - mais pas très catholique - accomplit des miracles saugrenus)...


ci dessus : le miracle du surf sur dauphins ; dessous, le miracle de l'invisibilité.

à la mystification scientifique (espèces végétales improbables, fossiles de sirènes à visiter dans des sites paléolithiques). La force de son oeuvre est liée à une parfaite exploitation des codes de la "véridiction" en vigueur dans le genre auquel le visuel appartient. Ainsi on découvre que ce qui rend crédible la photo d'une espèce botanique, c'est un ensemble de signes plastiques (photo sobre en noir & blanc, vue neutre et faciale de la plante, sans arrière-plan) et para-photographiques (une dénomination scientifique latine en guise de légende). Mais a-t-on réfléchi au caractère improbable et surréaliste d'une plante dont les épines seraient plantées à l'envers ?

Braohypoda Frustrata, 1985.

Ce qui rend véridique l'information sur la découverte d'un fossile de sirène, c'est entre autres, l'article scientifique qui l'accompagne, le terme d'"hydropithèques", qui crédibilise une classe zoologique, la trace des os dans la roche, le point de vue naturel surmonté d'une table de repérage et d'explication du conseil régional, en somme tous ces signes connexes qui viennent ancrer la chose vue dans un réel indiscutable, une validation institutionnelle.


Bien sûr Fontcuberta joue comme un magicien, mieux un illusioniste, avec les signes. Ainsi se met-il dans la peau d'un cosmonaute soviétique. Pour en contrefaire la biographie, retracée en quelques scènes visuelles, il emprunte aux codes du réalisme socialiste des années 60. Le sigle CCCP, l'enfant déjà dans les étoiles à 10 ans, la scène de félicitations avec le public, le scaphandre du cosmonaute, toutes ces images qui ont bercé une génération.


A titre de lecture édifiante et assez complète de son oeuvre, je vous conseille l'excellent ouvrage, Contranatura, dont l'esthétique éditoriale et la rigueur intellectuelle n'ont rien à envier au sérieux de magazines tels que le National Geographic, mais dont les contenus vous emmènent sur des territoires autrement plus farfelus.
Joan Fontcuberta (b.1955) became a photographer in the 1970s. Coming from the tradition of Spanish Surrealism, he creates elaborate photographic hoaxes that challenge and provoke, forcing us to re-examine the relationship between photography and reality. The only reliable information a photograph can tell us, Foncuberta believes, is that it is just that - a photograph.


Joan Fontcuberta, Contranatura, Actar, 2001, 148 pp.

4.6.06

Haruomi Hosono - Tropical Dandy




Des années 70 à nos jours, Haruomi Hosono n'a cessé d' expérimenter hors des sentiers battus ; prenant ses distances avec le format techno-pop du Yellow Magic Orchestra, formé avec Ryuichi Sakamoto et Yukihiro Takahashi. Il déploie ainsi différentes écritures musicales au confluent de l'ambient, des musiques traditionnelles et des influences exotica/space age pop, qu'il affectionne depuis toujours, comme pas mal de japonais. Tropical Dandy, paru en 1975, est le fruit d'une association entre Hosono et un groupe de musiciens, sous le nom de Tin Pan Alley. Bien qu'on puisse trouver la prestation vocale d'Hosono un peu nasillarde, l'album est un des plus marquants de sa première production (antérieure à la période YMO) - et compte parmi les disques les plus recherchés par les amateurs (avec Bon Voyage, Cochin Moon et Paraiso). En effet, il y a là en germe le monde particulier d'Hosono, qui ne se lasse jamais d'explorer les genres et les époques, en créant de jolies contaminations musicales entre jazz et pop (Chattanooga choo choo, Duck ou Hurricane Dorothy), entre swing et exotica fourbie à la pedal steel guitar, entre chansons traditionnelles et bruitages environnementaux (titre 4), qui annoncent la coloration ambient naturaliste de plusieurs albums ultérieurs (Naga). Enfin son choeur féminin, les "Tropical Lady Singers" est un délice d'humour et de sensualité. Bon voyage donc, avec le dandy tropical.

Hosono first came to attention in Japan as the bassplayer of the psychedelic rock band Apryl Fool, who released the album The Apryl Fool in 1969. Members from this band (including Hosono) then formed the influential folk-rock group Happy End. After Happy End disbanded, Hosono worked with a loose association of artists under the title Tin Pan Alley. In 1978, Hosono formed the Yellow Magic Orchestra with Yukihiro Takahashi and Ryuichi Sakamoto. The Yellow Magic Orchestra (AKA YMO) released a number of albums in the late 70s and early 80s to considerable acclaim both inside and outside Japan. After YMO disbanded in 1984, Hosono released a number of solo albums covering a variety of styles, including film soundtracks, and a variety of electronic instrumental albums. In the late 80s and early 90s the influence of World Music on his music deepened, and he worked with international singers and musicians such as Amina Annabi.