
Lorsque Dick Hyman grave “Moon Gas" en 1963, pour MGM/Verve, il a 36 ans et déjà derrière lui une belle carrière de pianiste et organiste de jazz, plutôt classique d’ailleurs. Mais de l'orgue au Wurlitzer, il n'y a qu'un pas et Dick Hyman s'intéresse aussi à ces étranges instruments électro-acoustiques (ondes Martenot, ondioline, Theremin) qui accompagnent l’époque des premières sondes spatiales, et dont les sonorités inconnues jusqu'alors illustrent à merveille le mystère de l'outerspace. D'où le succès du film Forbidden Planet en 1956 (et de sa B.O.). L'année suivante, le 7 octobre 1957, l'URSS envoyait le premier Spoutnik en orbite, déclenchant une immense émotion dans le monde entier. Un mois plus tard, une chienne nommé Laika part dans l'espace à bord de Spoutnik 2. Attilio Mineo créait une bande-son futuriste à tonalité dramatique pour une foire commerciale en 1959 (Man in space with sounds, inimaginable aujourd’hui à Bercy 2). Les recherches de musique “concrète” ne connaissaient pas encore de clivage entre disques populaires et compositions expérimentales. Si bien que John Cage allait travailler sur le matériel de Louis et Bebe Barron et vice-versa. Tous arpentaient les terres vierges des bandes magnétiques, les forêts de câbles et les claviers, entre cut-up et électronique naissante, produisant les pièces jubilatoires que l'on connaît chez André Popp, Roger Roger, Nino Nardini, J.J. Perrey ... Moon Gas est donc, sans complexe, un OVNI de lounge "concrète", ce qui donne Bye-Bye Blues et ses délicieuses bulles de sons intergalactiques. On est pourtant bien avant l’ère des synthétiseurs ; Dick Hyman emploie ici plusieurs orgues électriques, un ondioline, différentes percussions et des effets sonores, notamment à la guitare, bricolée par Vinnie Bell. Assurément le chant wordless de la soprano Mary Mayo, le plus souvent en vocalises ethérées, sera pour beaucoup dans le succès de l’album. Mais sa version de Desafinado, bel et bien chantée, restera comme une rencontre unique entre bossa nova et projection lunaire. Dick Hyman cherchera à réitérer cet exploit avec The age of Electronicus en 1969 mais n'atteindra pas la subtile alchimie de Moon Gas, devenu un des trésors de la space-age pop.
Dick Hyman and Mary Mayo created a completely unique and incredible album on MGM entitled "Moon Gas." The liner notes declare it, "a glimpse at the possible sounds of the 22nd century." This record pre-dates Hyman's outer space Moog records by several years, and it also anticipates those albums with Moog-like sounds from time to time. Original copies (especially in stereo) are rare, highly sought after collector's items. Hyman wrote the arrangements and contributes numerous otherworldly organ sounds. Mayo creates a wide variety of both wordless and worded vocals, all of which are seamlessly integrated into a marvelously out-of-this-world atmosphere. Electronically generated sounds are used effectively as are electronic instruments such as the Martenot and ondioline. Vinnie Bell contributes a nice variety of strange sounds on his electric guitar coupled with the "complicated home-made equipment" attached to it. The effects include a very early use of Bell’s famous "waterfall" effect. The cover front appropriately features a moon maiden within a mist.























